Le somptueux art architectural de l’ère Zirides en Algérie

Le règne de la dynastie Zirides au Maghreb est marqué par des événements et des personnages dont les noms sont tracés dans les registres d’histoire avec des lignes d’or. Il suffit de savoir que le nom actuel de l’Algérie en arabe El Djazaïr ou Dzaïr tient son origine du nom de l’un des gouverneurs les plus puissants de la dynastie berbère de l’époque musulmane d’après certains historiens, pour comprendre la valeur humaine et historique de cette dynastie antique.

Un coup d’œil sur l’histoire des Zirides

Zirides
Carte de l’extension de l’Émirat des Zirides vers 9801

En 971, les Fatimides qui occupaient à l’époque le Maghreb, quittent la région pour s’installer en Egypte et conquérir le moyen orient. Ils laissent alors la gouvernance à l’un de leurs alliés berbères du nom Menad Ibn Ziri de la tribu des Sanhadja. Celui-ci avait une autorité stable sur l’Est du Maghreb entre l’Algérie son pays d’origine et l’Ifriqiya par contre l’Ouest était occupé par une autre dynastie berbère les Zénète fidèles aux Omeyades.

Menad Ibn Ziri meurt avant de réaliser son rêve de conquérir tout le Maghreb. Mais il laisse derrière lui un enfant prodige du nom de Bologhine Ibn Ziri qui vengea sa mort et qui fit trembler leurs rivaux et exauça le rêve de son père par la suite. Les Fatimides impressionnés par tant de courage et de bravoure, le nomment Émir du Maghreb, il devient alors le premier souverain d’une nouvelle dynastie qu’on appellera la dynastie ziride.

Les Sanhadja au caractère sédentaire, sont très liés à leur territoire et œuvrent pour son développement et sa fortification d’où sont nés des vestiges artistiques et architecturaux qui attestent jusqu’à nos jours de leur règne et de la grandeur de leur dynastie.

Les sites archéologiques de l’ère ziride d’Algérie

Trois principaux gouverneurs berbères qui ont régné sur le Maghreb entre le 10ème et le 11ème siècle avaient érigé trois cités impressionnantes dans le but de bâtir un royaume berbère islamique qui rivaliserait les vestiges des plus grandes civilisations de l’époque. Ces sites attirent toujours les affables d’histoire, les amoureux des sites antiques et de la belle architecture ancestrale.

La cité d’Achir à Médéa

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La cité d’Achir à Médéa

Ziri Ibn Menad avait bâti la ville d’Achir au 10ème siècle dans la montagne de Tetteri à plus de 1000 m d’altitude au Sud Est de la daïra de Ain Boucif à Médéa avec l’autorisation des Fatimides. Cette cité fut la première capitale de la dynastie musulmane des Ziride. Le choix de cet endroit revient au fait que le lieu est entouré de montagnes ce qui permettrait au zirides de dominer les plaines environnantes et refouler aisément une éventuelle attaque ennemie. L’un des monuments phare de la cité et le palais de Ziri.

Le palais de Ziri construit aux environs de 947 est de forme rectangulaire dont l’enceinte est renforcée par de gros piliers carrés. Au centre, une vaste cour cernée de salles et de cours secondaires qui délimitent quatre appartements semblables avec des escaliers à chaque aile qui menait probablement aux étages supérieurs. Au sud une porte avec une entrée en chicane débouche sur d’autres pièces qui semblent être celle des gardes. D’autres pièces plus importantes à découvrir dans ce palais comme la salle de trône qu’on reconnaît par la présence de l’estrade où est dressé le trône et d’une anti-salle à trois ouvertures. Un échantillon de la façade de cette salle au décor en relief et stucs est exposé au musée national des antiquités et des arts islamique à Alger.

El Djazair Beni Mezghana

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Casbah d’Alger : L’âme de la ville

Le successeur de Menad Ibn Ziri en l’occurrence son fils Bologhin Ibn Ziri, installe les premières fondations de l’Algérois dans l’actuel quartier Sidi Ramdan à Alger qu’il appela Beni Mezghana en référence à Imazighen. Pour certains historiens, l’une des sept portes d’Alger fait référence à son nom à savoir Bab dzair. L’un des monuments témoins de l’époque ziride est la citadelle, Casbah El Kedima qui domine une grande partie de la ville. L’actuel quartier Katarougils dont le nom correct est Keta Er Redjel était autrefois le cimetière des enfants du roi qu’on appelait à l’époque Kbour Ouled Es Soltan.

Kalaa Beni Hammad ou la forteresse des Beni Hammad

Kalaa Beni Hammad
Kalaa Beni Hammad

Située dans la wilaya de M’sila, la forteresse des Beni Hammad ou Kalaa Beni Hammad est un site historique et archéologique qui témoigne du savoir-faire artistique et architectural Ziride. Hammad Ibn Bologhin fils de Bologhin Ibn Ziri a érigé cette forteresse à plus de 1000 m d’altitude sur le versant sud de Djebel Maadid près des plaines de Hodna en 1007. Hammad Ibn Ziri s’est investi corps et âme dans la fondation de ce site exceptionnel qui est classé depuis 1980 patrimoine mondial par l’UNESCO.

L’une des plus grandes mosquées qu’a connues l’Algérie se trouve à la Kalaa Beni Hammad dont le minaret de 20 mètres de hauteur est encore debout jusqu’à nos jours. L’architecture de cette mosquée est semblable à la mosquée de Kairouan en Tunisie.

La kalaa renferme d’importants d’autres monuments dont les ruines attestent de la splendeur et de l’originalité de leur architecture citant le Palais du manar, le Palais du lac, le Palais du salut, le Palais de l’étoile, des citernes et bassins. Deux des trois portes qui donnaient accès à la ville existent encore à savoir Bab Al Qaws et Bab Djenan cependant il ne reste plus rien de la troisième qu’on appelait Bab Djerawa.

Des sites archéologiques à préserver

Les sites archéologiques constituent une richesse inestimable de notre pays. Ils attestent de l’histoire antique d’un grand pays tel l’Algérie. Leur préservation signifie la préservation de notre mémoire et de nos origines. Cela est ajouté au fait qu’ils constituent un ingrédient indispensable pour le tourisme local et mondial. Les sites archéologiques sont la deuxième destination des touristes après la nature. Par conséquent, ils doivent être préservés et renforcés..