Découvrir

Le magazine de l’OPEC met en lumière l’un des plus grands trésors cachés d’Algérie

Le Tassili n’Ajjer continue de révéler les secrets d’un Sahara vieux de plusieurs millénaires.

Dans son édition publiée en mai 2026, le magazine OPEC Bulletin consacre un important dossier à l’un des sites les plus fascinants du continent africain : le Tassili n’Ajjer. Intitulé “Tassili n’Ajjer: An open-air museum of the desert”, le rapport propose une plongée détaillée dans ce vaste territoire saharien considéré comme une véritable mémoire à ciel ouvert de l’humanité et des transformations climatiques de la planète.

Le dossier revient sur la valeur exceptionnelle de cette région qui conserve des traces remontant à près de 10 000 ans, à une époque où le Sahara était encore une terre verdoyante traversée par des rivières et peuplée d’animaux sauvages.

Tassili N'Ajjer
Tan Zoumaïtok, peintures rupestres, Tassili N’Ajjer

Une immense archive naturelle au cœur du Sahara

Situé dans le sud-est algérien, le Tassili n’Ajjer couvre près de 72 000 kilomètres carrés, ce qui en fait la plus grande réserve naturelle d’Afrique. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982, ce plateau rocheux impressionne autant par son importance historique que par ses paysages spectaculaires.

Le rapport explique que la formation géologique du site remonte à plusieurs centaines de millions d’années, lorsque la région était recouverte par d’anciennes mers durant les périodes silurienne et dévonienne. Avec le temps, les couches de grès ont été sculptées par l’érosion, donnant naissance à des formations rocheuses uniques, canyons, arches naturelles et forêts minérales qui font aujourd’hui la renommée du Tassili.

Les visiteurs découvrent généralement le site à partir de la ville de Djanet, véritable porte d’entrée vers les principales zones du parc, notamment le plateau du Tassili, la chaîne rouge du Tadrart et la vallée d’Iherir.

Plus de 15 000 œuvres rupestres recensées

L’un des aspects les plus impressionnants du Tassili reste sans doute son extraordinaire patrimoine d’art rupestre. Le rapport souligne que plus de 15 000 peintures et gravures ont déjà été identifiées, tandis que de nombreuses œuvres pourraient encore être cachées dans des zones difficiles d’accès.

Ces représentations racontent plusieurs périodes de l’histoire humaine dans le Sahara. Certaines œuvres très anciennes, datant de près de 12 000 ans, montrent d’immenses animaux sauvages aujourd’hui disparus de la région. D’autres appartiennent à la célèbre période des « têtes rondes », connue pour ses représentations symboliques et spirituelles.

Le rapport évoque également la période pastorale, entre 4500 et 4000 avant notre ère, marquant le passage progressif de la chasse à l’élevage et à la vie communautaire autour des campements.

Tassili N’Ajjer
Parc National du Tassili N’Ajjer – © Marcus Westberg -5

Le témoignage d’un Sahara autrefois vert

Les fresques du Tassili ne racontent pas seulement la vie des populations anciennes. Elles offrent également une preuve scientifique majeure des changements climatiques qu’a connus le Sahara au fil des millénaires.

Les scènes représentant des hippopotames, crocodiles, girafes ou encore de vastes pâturages démontrent qu’une grande partie du désert actuel était autrefois une savane humide et fertile durant ce que les chercheurs appellent la « période africaine humide », il y a entre 12 000 et 7 000 ans.

Avec la diminution progressive des précipitations, les dessins évoluent eux aussi : les grands animaux sauvages laissent place aux troupeaux domestiques, puis aux chevaux, aux chars et enfin aux chameaux, illustrant l’adaptation progressive des populations à l’aridification du Sahara.

Tassili N’Ajjer
Tassili n’Ajjer

Un patrimoine fragile sous haute protection

Le rapport insiste également sur la fragilité de cet héritage exceptionnel. Les peintures rupestres sont particulièrement vulnérables face aux effets de l’érosion naturelle et aux activités humaines. C’est pourquoi le site fait l’objet d’une gestion nationale depuis les années 1970.

Aujourd’hui, les autorités algériennes assurent la protection du parc à travers l’Office National du Parc Culturel du Tassili n’Ajjer. Le tourisme y est strictement encadré avec l’obligation d’être accompagné par des guides officiels, notamment en raison de l’accès difficile à certaines zones du plateau, uniquement accessibles à pied.

Un symbole mondial des transformations de la planète

En conclusion, le rapport du magazine de l’OPEP considère le Tassili n’Ajjer comme un témoignage unique de la capacité des écosystèmes à se transformer radicalement au fil du temps. Bien avant l’ère industrielle, le Sahara avait déjà commencé sa transition d’un territoire vert et fertile vers l’immense désert que l’on connaît aujourd’hui.

algeria
Le Parc National du Tassili n’Ajjer | Credit : Twitter -Discover Algeria

À travers ses paysages et ses œuvres millénaires, le Tassili rappelle ainsi que la nature est en perpétuelle évolution et que les traces laissées par les anciennes civilisations constituent aujourd’hui une source précieuse pour comprendre l’histoire climatique et humaine de notre planète.

Bouton retour en haut de la page