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Du désert à l’agro-industrie : Baladna Algérie passe à la phase active de production

Un partenariat algéro-qatari de 3,5 milliards $ vise à couvrir 50 % des besoins en lait en poudre.

Dans la commune de Tamest, au sud de la wilaya d’Adrar, le mégaprojet agricole et agro-industriel « Baladna Algérie » a franchi une étape stratégique ce lundi avec le lancement de sa première récolte d’orge. Cette opération, réalisée sur une surface pilote d’environ 300 hectares, marque le passage de la phase de préparation à celle de production effective dans le cadre de la stratégie de développement du projet.

Une première campagne sous irrigation moderne

Le président du conseil d’administration de Baladna Algérie, Ali Al‑Ali, a expliqué que cette première récolte expérimentale est conduite grâce à un système d’irrigation par pivot, technique permettant d’optimiser l’apport en eau dans ce vaste périmètre saharien. Cette phase inaugurale s’inscrit dans la première étape du projet, centrée sur la production céréalière et fourragère, éléments indispensables pour assurer l’alimentation du bétail à venir.

Baladna Algérie : un projet intégré à trois volets

Le projet Baladna Algérie se distingue par son caractère intégré : il repose sur trois axes principaux complémentaires —

  1. la production de fourrages et céréales,
  2. l’élevage bovin,
  3. et la transformation industrielle, notamment la production de lait en poudre.

Cette triple approche vise à maîtriser toute la chaîne, de la culture des fourrages à la production des aliments finis, réduisant ainsi la dépendance aux importations alimentaires tout en renforçant la sécurité alimentaire nationale.

Un investissement colossal pour l’autosuffisance

Le lancement de la récolte intervient dans le cadre d’un projet estimé à 3,5 milliards de dollars, fruit d’une collaboration entre le groupe qatari Baladna et le Fonds National d’Investissement algérien. Pour consolider ses ambitions, une deuxième tranche de contrats, d’un montant supérieur à 635 millions de dollars, a récemment été signée pour accélérer la construction d’infrastructures essentielles, notamment des centres de production, des installations d’élevage et des programmes d’importation de cheptel.

Vers un cheptel stratégique dès 2026

L’un des volets les plus spectaculaires concerne l’importation de 30 000 vaches laitières, qui sera assurée par un pont aérien depuis plusieurs États américains à partir de novembre 2026. Cette opération vise à constituer progressivement un troupeau de 270 000 têtes sur une superficie totale prévue de 117 000 hectares, avec un objectif ambitieux : couvrir 50 % des besoins nationaux en lait en poudre.

Un projet créateur d’emplois et d’opportunités

Cette initiative ne se limite pas à la production ; elle est également porteuse d’opportunités sociales et économiques. À terme, le projet devrait générer environ 5 000 emplois directs, tout en stimulant des filières annexes liées à l’agriculture, à l’élevage et à l’industrie agroalimentaire, marquant ainsi un tournant pour le développement local dans cette région du Sahara algérien.

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