Les voitures artisanales qui ont marqué l’histoire de l’Algérie (PHOTOS)
Les premières voitures artisanales en Algérie: retour sur des chefs-d'œuvre méconnus
Les voitures artisanales fabriquées en Algérie ont une histoire riche et variée, allant de la modification de véhicules existants à la création de prototypes uniques. Bien que l’Algérie n’ait jamais réellement développé d’industrie automobile, certaines personnes ont pris l’initiative de fabriquer leur propre voiture à la main, et certaines d’entre elles ont eu un succès remarquable.
L’un des premiers exemples est l’Hirondelle, fabriquée en 1957 par un pied noir dans son garage de mécanique à Bab El Oued. Cette petite voiture de deux places atteignait une vitesse maximale de 100 km/h et était considérée comme la première voiture fabriquée en Algérie.
Un autre modèle remarquable est la Barquette, construite à Alger à la fin des années 50 sur la base d’une Dauphine Gordini. Cette voiture de course a été pilotée par M. Decorbez et a été entièrement restaurée en 1994 par les Ets Decombas. Bien que vendue en France, elle reste un exemple remarquable du savoir-faire algérien.
La SIM-CACHIA est un autre prototype remarquable, fabriqué en 1959 par les frères Cachia d’Alger. Ce véhicule était entièrement en aluminium et ne pesait que 590 kg. Il était équipé d’un moteur de 300 chevaux, d’une boîte de vitesses à quatre rapports et d’un embrayage hydraulique. La SIM-CACHIA a participé à la course de côte de Bouzaréah en 1959, démontrant ainsi les compétences techniques des constructeurs algériens.
La voiture Treuil Farman est un autre exemple intéressant de modification artisanale. Bien que datant de 1940, elle reste une source d’inspiration pour les ingénieurs algériens.
L’Anglais Christian Bischoff a également tenté de concevoir un prototype de véhicule de transport pour traverser le Sahara. Surnommé le « Vaisseau du Désert », ce paquebot sur roues de 40 mètres de longueur et 13,5 mètres de largeur pouvait transporter 150 passagers. Malheureusement, ce modèle n’a jamais été réalisé.
La Mina 4 est un modèle tous terrains (4X4) conçu par un carrossier algérien, El Mokrani, et réalisé par huit techniciens algériens. Présenté en 1967, ce modèle unique a été salué comme la première voiture algérienne.
Plus récemment, en 2016, Mohammad Yasaad, un artisan soudeur de talent originaire d’El Anasser, a créé sa propre voiture, la Galboisienne, avec ses propres moyens.
Également en 2017, Oussama Touaba, chercheur au Centre de Développement des Énergies Renouvelables (CDER), a inventé une voiture électrique 100% algérienne. Avec une carrosserie tout en aluminium et deux moteurs de 1,2 kilowatts, cette voiture légère et maniable peut atteindre une vitesse maximale de 40 km/h.
L’Algérie a connu des réalisations artisanales intéressantes dans le domaine de l’automobile. Bien que le pays n’ait pas développé une activité automobile industrielle, ces voitures artisanales témoignent de la créativité et du savoir-faire des Algériens dans le domaine de la mécanique.
De l’Hirondelle à la SIM-CACHIA en passant par la Mina 4 et la voiture électrique d’Oussama Touaba, ces modèles uniques représentent une richesse patrimoniale et culturelle à préserver et à valoriser. Ils sont également un témoignage de l’ingéniosité des artisans et des mécaniciens algériens qui ont su, malgré les difficultés, mettre leur talent et leur passion au service de la création automobile.