Starlink candidate potentielle : l’Algérie attire les leaders mondiaux de l’internet spatial
Les régions isolées en Algérie pourront bientôt bénéficier d’un haut débit stable et plus rapide depuis l’espace.
Dans une décision stratégique majeure, le Ministère de la Poste et des Télécommunications a officiellement lancé l’ouverture à la concurrence dans le domaine de l’internet par satellite. L’Autorité de régulation, l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE), a publié un appel d’offres international visant l’octroi de deux licences pour l’exploitation de réseaux de communications électroniques via des satellites en orbite non géostationnaire (NGSO).
Ce choix technologique marque une évolution importante dans la vision numérique du pays : il ne s’agit plus seulement de renforcer les infrastructures terrestres, mais de compléter le réseau national par des solutions spatiales capables de dépasser les contraintes géographiques.
Une solution concrète pour les zones isolées
L’un des principaux objectifs de cette initiative est clair : apporter un internet haut débit là où la fibre optique ne peut pas facilement arriver. De vastes régions du sud, des zones montagneuses ou des sites économiques éloignés pourront désormais bénéficier d’une connexion stable et rapide grâce aux constellations de satellites en orbite basse.
Cette technologie NGSO permet une latence beaucoup plus faible que les anciens satellites géostationnaires, rendant possible l’usage d’applications modernes : visioconférence, surveillance à distance, cloud, plateformes éducatives et services administratifs numériques.
Un levier pour les secteurs stratégiques : agriculture, mines et transport
Au-delà de l’accès grand public, cette ouverture vise à soutenir les grands projets nationaux liés à l’Internet des objets (IoT). Les exploitations agricoles intelligentes, les sites miniers reculés et les réseaux de transport pourront être connectés en permanence pour le suivi en temps réel, la gestion à distance et l’optimisation des opérations.
L’internet satellitaire devient ainsi un outil d’efficacité économique, permettant à ces secteurs de fonctionner avec des standards technologiques internationaux, même dans les zones les plus reculées du territoire.
Une concurrence internationale qui pourrait bénéficier aux citoyens
L’attribution de deux licences ouvre la porte à l’arrivée d’acteurs internationaux spécialisés dans l’internet satellitaire. Cette concurrence est susceptible de faire baisser les coûts, d’améliorer la qualité de service et d’offrir davantage de choix aux particuliers comme aux entreprises, notamment dans les régions non couvertes par les réseaux classiques.
Cette dynamique concurrentielle est aussi un moyen pour l’Algérie de maîtriser sa souveraineté numérique, en diversifiant ses sources de connectivité et en réduisant la dépendance à une seule infrastructure.
Starlink pourrait-elle faire partie des candidats ?
Dans ce contexte, de nombreux observateurs s’interrogent sur la participation éventuelle de Starlink, le service d’internet satellitaire développé par SpaceX. Leader mondial du secteur NGSO, Starlink opère déjà dans plusieurs dizaines de pays en proposant une connexion haut débit via une constellation de milliers de satellites en orbite basse.
Techniquement, l’offre de Starlink correspond parfaitement aux exigences décrites dans l’appel d’offres : faible latence, déploiement rapide, couverture des zones rurales et isolées, indépendance vis-à-vis des infrastructures terrestres. Sa participation potentielle à cette procédure pourrait constituer un tournant majeur pour l’accès à l’internet dans le Sahara et les régions enclavées.
Cependant, la sélection dépendra des critères réglementaires, techniques et économiques fixés par les autorités algériennes, ainsi que de la capacité des opérateurs à s’intégrer dans le cadre légal national.
Un internet complémentaire, et non remplaçant
Le ministre du secteur, Sid Ali Zerrouki, a précisé que cette initiative ne vise pas à remplacer les réseaux terrestres existants, mais à les compléter intelligemment. La fibre optique demeure la colonne vertébrale du réseau national, tandis que le satellite devient la solution idéale pour les zones difficiles d’accès.
Cette approche hybride permet d’assurer un principe fondamental : l’égalité d’accès à l’internet haut débit pour tous les Algériens, quel que soit leur lieu de résidence.
Vers une nouvelle ère de connectivité nationale
Avec cette ouverture officielle à l’internet satellitaire NGSO, l’Algérie se positionne dans une dynamique technologique adoptée par les pays les plus avancés. Il s’agit d’un pas important vers une couverture numérique totale du territoire, au service des citoyens, des entreprises et des projets structurants.
Cette décision pourrait transformer durablement la manière dont l’internet est déployé en Algérie, en faisant du ciel un allié stratégique du développement numérique.














