L’Algérie, est-elle la prochaine grande destination de voyage en Afrique ?

L’Algérie continue d’intriguer le monde par son potentiel touristique inexploité. Les spécialistes et passionnés du tourisme se penchent sur la question dans l’espoir de trouver une explication plausible à cette situation opaque. Après son reportage passionnant sur le Sud algérien plus précisément sur le parc national du Tassili n’Ajjer, le journaliste britannique Henry Wismayer revient avec une autre œuvre encore plus éblouissante qualifiant l’Algérie de géant touristique caché.

Le reportage a été diffusé ce 10 octobre par le géant médiatique National Geographic qui se demande si l’Algérie n’est pas la prochaine plus grande destination touristique. Entre les anciennes villes fortifiées, les ruines romaines et les sables du Sahara qui font du plus grand pays d’Afrique un géant du tourisme inconnu , le fameux journaliste choisit pour cette fois la fabuleuse Ghardaïa pour révéler un autre coin extraordinaire de ce colosse endormi.

Un potentiel touristique inexploité

L’Algérie avec tout ce qu’elle renferme de sites spectaculaires et sa vaste présence sur la côte nord de l’Afrique est étonnamment peu connue des touristes étrangers malgré sa proximité avec l’Europe. “L’Algérie est l’un des endroits les plus difficiles d’accès au monde et l’un des moins visités”, déclare le chercheur principal pour l’Afrique du Nord Andrew Farrand, il ajoute que sur les quelque deux millions de touristes officiels, la plupart sont des membres de la diaspora, seule une poignée sont des visiteurs étrangers.

L’Algérie est l’une des destinations les plus enrichissantes, facilement accessibles via un vol court-courrier depuis l’Europe occidentale, c’est un pays relativement sûr et stable, toutefois les obstacles bureaucratiques, difficiles à franchir, freinent son épanouissement touristique, rapporte la chaîne de télévision.

Héritage du colonialisme français

Les origines de l’Anonymat algérien remontent à l’époque du colonialisme français qui n’avait ménagé aucun effort pour détruire la culture algérienne. Dès l’indépendance, le pays œuvre pour la reconstruction de son identité.

Cette reconstruction peine à se réaliser notamment après la décennie noire qu’a vécue l’Algérie dans les années 1990 au moment où les voisins marocains et tunisiens voyaient leur tourisme augmenter.

Le tourisme, un secteur négligé

Le passé bouleversant qui a toujours secoué l’Algérie pourrait être à l’origine de son hostilité ou du moins l’indifférence qu’elle affiche envers les étrangers. Le processus de demande de visa est byzantin et la promotion touristique est inexistante selon le média National Geographic.

Un autre facteur qui pourrait expliquer le désintérêt qu’affiche le gouvernement pour le tourisme est la domination économique des hydrocarbures selon Andrew Farrand, cette industrie qui empêche le pays de travailler dur et de développer un secteur aussi complexe que le tourisme.

Des merveilles cachées à la vue de tous

L’Algérie est un géant touristique caché à la vue de tous. Dans la bande de terres fertiles qui longe sa côte méditerranéenne, se trouvent des villes historiques comme Constantine, Oran et la capitale Alger. Les anciens avant-postes romains comme Djemila et Timgad, faisant partie du patrimoine mondial de l’UNESCO, sont parmi les sites archéologiques les plus préservés d’Afrique du Nord. Au sud, dans l’intérieur saharien, les mers dunaires des Grands Ergs s’écrasent contre les massifs gréseux du Hoggar et du Tassili n’Ajjer.
Selon un guide touristique d’une agence locale, il pourrait y avoir des jours complets où on ne voyait aucun touriste passer.

Ghardaïa, une merveille parmi d’autres

La quatrième plus grande tribu d’Algérie, Ghardaïa, se situe à quelque 600 km de la capitale Alger. Elle incarne l’un des endroits touristiques les plus intéressants du pays. C’est dans cette patrie ancestrale des Mozabites que se révèle le mode de vie le plus traditionnel de l’Algérie.

Une agglomération labyrinthique qui serpente le long de la vallée desséchée de la rivière M’Zab englobe cinq villes fortifiées caractérisées par sept ksours ou citadelles perchées, connues collectivement sous le nom de “la Pentapole”.

Un règlement intérieur strict

Beni Isguen

Pour visiter ces cinq ksour, un guide touristique est indispensable. Suivant les règles intérieures de la communauté mozabite, la visite ne pourrait se faire qu’à des heures strictes de la journée et accompagnée d’un guide local. Certaines femmes mariées portent un habit traditionnel blanc nommé “le haik”. Cet habit s’enroule autour du corps, ne laissant voir qu’un seul œil. Toute sorte de véhicule est interdite. Les ordures sont toujours transportées à dos d’âne.

Les visites se font généralement au milieu de la journée au moment où les habitants font leur sieste tranquillement, on n’y rencontre que quelques bandes d’enfants.

Une architecture séculaire

Ghardaïa
Souk Lalla Achou – Ate Isjen (Ate Izjen – Ben Isguen)

L’aspect architectural de la citadelle répond à des normes de conception et de décoration ancestrales. Les murs sont enduits d’argiles puis pointillés de feuilles de palmier pour dévier la chaleur du soleil.

Nous accédons à l’intérieur, où se trouve un quadrilatère à piliers avec un toit ouvert, par une porte basse, l’endroit est conservé comme musée non-officiel. Tout est orné de tapis. La plupart des maisons de ces vieilles villes ont une conception similaire.

Une ville ancestrale ouverte au développement

Ghardaïa
Le festival du tapis à Ghardaïa

Malgré l’esprit conservateur de la région, Ghardaïa ne rejette pas le développement qui arrive à petits pas. Plusieurs résidences d’été sont en train d’être transformées en chambres d’hôtes. Les vastes palmeraies et les bosquets de palmiers-dattiers qui participent massivement à l’économie locale est un autre aspect décoratif qui caractérise la vallée de Ghardaïa.

Les Algériens ne font pas preuve d’hostilité envers l’étranger, au contraire l’hospitalité est instinctive chez eux, comme le dit bien Katelyne Jarvis, conseillère en investissement à Cincinnati : “Vous pouvez dire que beaucoup d’Algériens sont impatients de partager leur pays avec le monde, presque toutes les interactions que nous avons eues ont abouti à une invitation à visiter les villes des gens ou à partager un repas chez eux.”