Nouvelle-Calédonie

L’émouvant message de la petite-fille d’un Algérien déporté en Nouvelle-Calédonie

Il y a 150 ans, l’État français déportait des milliers de résistants algériens vers la Nouvelle-Calédonie. Leurs descendant·e·s sont aujourd’hui en quête d’une identité.

Difficile de retenir ses larmes en écoutant cette descendante d’un déporté algérien en Nouvelle-Calédonie. «Avant de mourir, j’aimerais bien ne serait qu’avoir un coup de fil d’un lointain petit cousin – ou je ne sais pas – qui m’appelle en me disant : « Tu es mon sang. » Cette voix va me permettre de partir en paix», a confié Lucette Ouhiba Ben Amar dans un reportage réalisé par AJ+, un média internet qui fait partie du groupe Al-Jazeera.

La petite-fille du déporté algérien, qui a fait partie des nombreux combattants aux côté d’El-Mokrani en 1873, espère que la même mer qui a vu son grand-père être exilé de force «dans des conditions inimaginables, inhumaines» pourrait un jour l’emmener vers ses racines.

Les descendants des Algériens n’ont jamais coupé les ponts avec leur terre d’origine à laquelle ils sont restés fidèles, tant et si bien qu’ils entretiennent les traditions culinaires et culturelles algériennes bien qu’ils se trouvent à 22 000 kilomètres de l’Algérie, comme le rappelle le reportage.

Sur les murs des maisons de ces petits-enfants de déportés, sont accrochés le drapeau algérien et des photos de villages de Kabylie. C’est que Lucette Ouahiba Ben Amar et tous ceux qui sont dans sa situation vivent le déchirement imposé par la France coloniale avec peine et nostalgie. «Privées de leur histoire et de leur identité», ces victimes de la colonisation française, qui représentent 10% de la population calédonienne, crient leur algérianité avec honneur et dignité.