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L’Algérie lance sa première usine de levure boulangère et vise l’autosuffisance

La première usine algérienne de levure boulangère devrait couvrir l’intégralité des besoins du marché national.

L’Algérie s’apprête à franchir une étape importante dans le développement de son industrie agroalimentaire avec l’entrée en service prochaine de sa première usine de production de levure boulangère à partir de la « cellule mère ». Implanté à Aïn Oussara, dans la wilaya de Djelfa, ce projet industriel ambitionne de couvrir l’ensemble des besoins du marché national tout en ouvrant la voie aux exportations.

Présenté parmi les projets phares lors de la dernière Foire internationale d’Alger, ce complexe industriel illustre la stratégie nationale visant à renforcer la production locale, réduire les importations et soutenir la sécurité alimentaire du pays.

Une première industrielle en Algérie

L’usine se distingue par l’utilisation d’une technologie avancée permettant la fabrication de levure boulangère à partir de la cellule mère, un procédé qui offre une maîtrise complète de la chaîne de production.

Cette approche permet non seulement de produire localement une matière essentielle à l’industrie de la boulangerie, mais aussi de réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers. Elle marque ainsi une évolution importante vers l’acquisition d’un véritable savoir-faire industriel dans un secteur stratégique.

Une capacité suffisante pour couvrir les besoins nationaux

Selon les prévisions, le complexe produira entre 30 000 et 38 000 tonnes de levure par an. Cette capacité devrait permettre de satisfaire entre 100 % et 120 % de la demande nationale.

Grâce à cette production, l’Algérie pourrait atteindre l’autosuffisance dans ce domaine tout en disposant d’un surplus destiné aux marchés extérieurs. Une perspective qui renforcerait davantage la place du pays dans l’industrie agroalimentaire régionale.

Une réduction significative de la facture des importations

L’un des principaux avantages économiques du projet réside dans son impact sur les importations. Jusqu’à présent, une grande partie des besoins nationaux en levure boulangère était couverte par des achats à l’étranger.

L’entrée en exploitation de l’usine devrait permettre d’économiser près de 100 millions de dollars par an. Les responsables du projet anticipent également des revenus à l’exportation estimés à environ 30 millions de dollars dès la deuxième année d’activité.

Cette double dynamique pourrait contribuer à améliorer la balance commerciale tout en renforçant l’intégration industrielle nationale.

Un moteur pour l’emploi local

Au-delà de sa dimension industrielle, le projet représente également un levier de développement économique pour la région d’Aïn Oussara.

L’usine devrait générer 280 emplois directs et environ 600 emplois indirects dans des secteurs liés au transport, à la logistique, à la distribution et aux services. Au total, près de 880 postes de travail pourraient être créés grâce à cette nouvelle infrastructure.

Cette dynamique devrait favoriser l’activité économique locale et soutenir le tissu entrepreneurial de la région.

Levure boulangère : Une industrie tournée vers les énergies renouvelables

Le projet se distingue également par son volet environnemental. Une partie importante de ses besoins énergétiques sera assurée par l’énergie solaire, qui couvrira environ 50 % de la consommation du site.

Cette orientation s’inscrit dans les efforts visant à intégrer davantage les énergies renouvelables dans l’industrie nationale et à réduire les coûts liés à la consommation énergétique.

Un investissement de 29 milliards de dinars

Réalisée sur une superficie de cinq hectares, l’usine a nécessité un investissement estimé à 29 milliards de dinars. Depuis la mi-mai 2026, le complexe est entré dans une phase de tests techniques et de production non commerciale afin de préparer son lancement définitif.

Son entrée en exploitation marquera une nouvelle étape dans la stratégie industrielle du pays, fondée sur la substitution aux importations et le développement de filières productives locales à forte valeur ajoutée.

Un pas de plus vers la sécurité alimentaire

À travers ce projet, l’Algérie confirme sa volonté de renforcer son autonomie dans plusieurs secteurs clés de l’économie. La production locale de levure boulangère, ingrédient indispensable à la fabrication du pain, s’inscrit dans une vision plus large visant à garantir l’approvisionnement du marché national tout en créant de nouvelles opportunités économiques.

L’usine d’Aïn Oussara pourrait ainsi devenir un exemple de réussite industrielle combinant innovation, création d’emplois, réduction des importations et développement durable.

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