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Les médecins réclament l’interdiction totale du tabac dans les lieux publics en Algérie

34 % des cancers liés au tabac : l’appel urgent des pneumologues algériens

Alors que de nombreux pays multiplient les lois pour restreindre le tabagisme dans les espaces publics, l’Algérie reste confrontée à une réalité bien différente : la cigarette est encore omniprésente dans les cafés, les transports, les restaurants et même dans des lieux fréquentés par des enfants et des femmes enceintes. Une situation qui pousse de plus en plus de professionnels de la santé à réclamer une législation beaucoup plus ferme pour protéger la population du tabagisme actif et passif.

L’exemple international : des restrictions de plus en plus strictes

Au cours des dernières années, l’Europe et plusieurs régions du monde ont adopté des mesures particulièrement rigoureuses. Dans certaines capitales européennes, il est désormais interdit de fumer non seulement dans les lieux fermés, mais également sur les plages, à l’entrée des écoles, dans les aires de jeux et dans les parcs publics.

L’objectif est clair : réduire l’exposition des citoyens — surtout les enfants — au tabac, dont les dangers sont avérés même en plein air lorsque l’exposition est répétée.

Ces décisions s’appuient sur des études scientifiques démontrant que le tabagisme passif peut provoquer des pathologies graves, similaires à celles du tabagisme actif. Un simple passage dans une zone enfumée peut, à long terme, augmenter les risques de maladies respiratoires, cardiovasculaires ou cancéreuses.

En Algérie, le tabac continue de dominer l’espace public

Dans le quotidien algérien, le constat est saisissant : la cigarette circule partout. Des cafés aux arrêts de bus, des terrasses aux couloirs extérieurs des hôpitaux, sans oublier les bus interurbains où certains continuent de fumer malgré l’interdiction légale.

Pour beaucoup de citoyens, cette situation est vécue comme une agression silencieuse. Des familles se retrouvent à respirer un air saturé de fumée dans les restaurants. Des enfants attendent leurs parents à l’entrée des écoles dans un nuage toxique provoqué par des adultes fumant à proximité.
Ce manque de respect de l’espace partagé, combiné à une absence quasi totale d’application des sanctions, aggrave un problème de santé publique déjà préoccupant.

Une pollution invisible mais meurtrière

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le tabagisme passif cause chaque année des milliers de décès à travers le monde. Il est directement associé :

  • à l’asthme et aux allergies chez les enfants,

  • aux accidents vasculaires cérébraux,

  • aux maladies cardiovasculaires,

  • aux cancers,

  • ainsi qu’à des complications chez les femmes enceintes et leurs bébés.

En Algérie, de nombreuses personnes non-fumeuses témoignent d’une exposition forcée à la fumée dans les lieux publics. Beaucoup déclarent éviter certains cafés et restaurants par peur des odeurs, des irritations ou des risques respiratoires.

“Le droit à l’oxygène” : l’appel des médecins

Face à cette situation, des spécialistes sonnent l’alarme. Le pneumologue et expert en maladies respiratoires, Dr Samir Laarabi, dénonce une situation “insupportable” pour une grande partie de la population. Selon lui, les non-fumeurs sont trop souvent transformés en victimes, obligés d’inhaler de la fumée toxique dans les lieux publics.

Le médecin rappelle que le tabac est impliqué dans pas moins de 34 % des cancers diagnostiqués dans le pays. La raison : la fumée du tabac contient plus de 70 substances cancérigènes, capables de se diffuser dans le sang, d’atteindre tous les organes et de provoquer des mutations génétiques irréversibles.

Il souligne également que la cigarette est un facteur majeur de :

  • maladies cardiovasculaires,

  • infarctus,

  • AVC,

  • BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive),

  • et même d’infertilité chez les hommes et les femmes.

Pour lui, le tabac n’est plus une “liberté individuelle”, mais un comportement qui porte directement atteinte à la santé d’autrui. Sa recommandation est claire : adopter des lois strictes et assurer leur application réelle, afin de protéger le droit fondamental des citoyens à respirer un air sain.

Vers une prise de conscience collective ?

Si la législation existe déjà en Algérie, son application reste insuffisante, voire inexistante. De nombreux experts estiment qu’il est urgent :

  • d’interdire clairement le tabagisme dans les cafés et restaurants fermés,

  • de sanctionner strictement les contrevenants,

  • de créer des espaces publics sans tabac,

  • et de mener des campagnes nationales de sensibilisation.

L’enjeu dépasse la simple nuisance : il s’agit d’un combat de santé publique, touchant des millions de personnes, souvent sans défense.

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