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Algérie : grève ouverte dans les transports après l’adoption du nouveau code de la route

Grève ouverte : le secteur des transports s’arrête en Algérie face à un nouveau code de la route.

Ce jeudi 1er janvier 2026, plusieurs wilayas algériennes ont été paralysées par un mouvement de grève ouvert touchant les transports routiers, notamment les camions de marchandises et les bus. Ce mouvement est directement lié à la mise en œuvre d’un nouveau code de la route controversé et à la récente hausse des prix du carburant, qui ont ensemble déclenché une forte réaction de la part des professionnels du secteur.

Une grève ouverte : un secteur transport à l’arrêt

Très tôt dans la journée, la circulation des poids lourds et des autobus s’est presque totalement arrêtée, créant un chaos notable dans la mobilité quotidienne. Les gares routières ont été désertées, les routes restent silencieuses et de nombreux citoyens se sont retrouvés dans l’impossibilité de rejoindre leurs lieux de travail ou d’étude. Cette rupture du trafic a également eu des répercussions sur les activités économiques et sociales, provoquant des retards et des désorganisations.

Des files d’attente se sont formées à de nombreuses stations-services, signe d’un public inquiet face au manque de carburant disponible, conséquence directe de l’arrêt des transports. Les commerçants et usagers clament une montée en intensité de la pression sociale, alimentée par le sentiment d’un cadre réglementaire qui ne prendrait pas suffisamment en compte les réalités du terrain.

Les revendications des transporteurs

Selon les professionnels du transport, ce mouvement répond à un rejet ferme des dispositions du nouveau code de la route, jugées trop sévères. Les conducteurs et propriétaires d’entreprises estiment que le texte rend les chauffeurs entièrement responsables des infractions et des accidents, sans tenir compte des difficultés inhérentes à leur profession.

Les sanctions prévues par le nouveau code sont considérées comme disproportionnées, avec des peines renforcées pour certains manquements jugés mineurs ou liés à des facteurs hors du contrôle du conducteur. Face à cette situation, les autorités du secteur se retrouvent sous pression dans l’attente d’un dialogue social réel et structuré.

Origines et contenu du nouveau code de la route

Ce mouvement intervient quelques jours après l’adoption controversée du nouveau code de la route par le Parlement algérien, le 24 décembre dernier, lors d’une séance présidée par le président de l’Assemblée populaire nationale.

Les pouvoirs publics, de leur côté, mettent en avant le besoin de renforcer la sécurité routière et de réduire le nombre d’accidents graves, en équilibrant des mesures préventives et répressives. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a expliqué que les nouvelles règles visent à instaurer une vision plus sécuritaire et durable de la circulation routière en Algérie.

Sanctions et amendes : plus de rigueur dans les contrôles

Le nouveau texte introduit un arsenal de sanctions plus sévères, notamment dans trois domaines principaux :

  • Peines de prison pouvant atteindre jusqu’à 20 ans dans les cas les plus graves, par exemple en cas de mise en danger de la vie d’autrui.
  • Gravement alourdies les amendes, désormais réparties en plusieurs degrés selon la nature et la gravité de l’infraction, avec des montants allant de 4 000 à 13 000 DA.
  • Introduction de nouvelles infractions, telles que l’usage du téléphone au volant, le non-port de la ceinture de sécurité ou encore le jet de déchets depuis un véhicule.

Ces mesures très strictes souhaitent dissuader les comportements dangereux sur les routes, mais elles sont aujourd’hui au centre d’un débat social intense.

Un appel au dialogue

Les acteurs du secteur des transports ont appelé à l’ouverture immédiate de négociations avec le ministère des Transports afin d’atténuer l’impact du mouvement social et de trouver des solutions qui reconnaissent les contraintes professionnelles des conducteurs. Selon eux, la réponse doit être équilibrée entre sécurité routière et justice pour les travailleurs, afin d’éviter une aggravation de la crise et des perturbations durables des services essentiels.

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