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À 98 ans, l’Américaine Elaine Klein obtient la nationalité algérienne

Installée à Alger après les Accords d'Évian, elle a exercé comme journaliste et traductrice pendant douze ans.

L’Américaine Elaine Klein a obtenu la nationalité algérienne à l’âge de 98 ans, en vertu d’un décret présidentiel publié au Journal officiel n° 55. Cette décision vient consacrer un parcours intimement lié à l’histoire de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, menée par une femme dont l’engagement remonte à plus de soixante-dix ans.

Un décret présidentiel officialisant la naturalisation

Le texte officiel précise que, par décret présidentiel du 8 Safar 1448, correspondant au 23 juillet 2026, la dénommée Elaine Klein, née le 10 décembre 1928 à New York, aux États-Unis, a été naturalisée algérienne, conformément aux dispositions des articles 11 (alinéa 1er) et 12 de l’ordonnance n° 70-86 du 15 décembre 1970, modifiée et complétée, portant code de la nationalité algérienne.

Une trajectoire de vie tournée vers la lutte anticoloniale

Née à New York en 1928 au sein d’une famille d’origine juive, Elaine Klein s’installe en France en 1952. C’est durant cette période qu’elle découvre la réalité vécue par les Algériens sous le joug colonial et décide de s’engager en faveur du mouvement indépendantiste, un choix qui allait déterminer le reste de son existence.

Après la signature des Accords d’Évian en 1962, elle choisit de s’établir à Alger, où elle exerce alors le métier de journaliste. Douze années durant, elle vit en Algérie, où elle travaille également comme traductrice, tout en accompagnant plusieurs grandes figures du mouvement anticolonial de l’époque.

Un mariage avec un ancien combattant de l’ALN

En 1974, elle épouse Mokhtar Mokhtefi, ancien combattant de l’Armée de libération nationale devenu écrivain par la suite. Elle adopte alors le nom d’Elaine Mokhtefi, sous lequel elle sera désormais connue. Son époux s’est éteint en 2015, laissant derrière lui une vie commune marquée par un engagement partagé pour la cause algérienne.

Aux côtés de Frantz Fanon jusqu’à ses derniers instants

Parmi les épisodes les plus marquants de son parcours figure sa présence auprès de Frantz Fanon, qu’elle avait rencontré en Algérie, lors de ses derniers jours passés dans un hôpital aux États-Unis, alors qu’il luttait contre une leucémie. Ce moment illustre la profondeur des liens qu’elle a su tisser avec certaines des figures les plus emblématiques de la lutte anticoloniale.

Un témoignage précieux sur l’Alger révolutionnaire des années 1960

Le parcours d’Elaine Mokhtefi est également retracé dans ses mémoires, où elle revient longuement sur les mouvements de libération des années 1960 ainsi que sur les nombreuses personnalités qu’elle a côtoyées durant cette période, parmi lesquelles Ahmed Ben Bella et Fidel Castro. Elle y décrit une capitale algérienne devenue, à cette époque, un véritable carrefour pour de nombreux militants anticoloniaux et antiracistes venus des quatre coins du monde.

« Alger, la révolutionnaire », un livre témoin d’une époque

C’est dans son ouvrage intitulé Alger, la révolutionnaire qu’Elaine Mokhtefi raconte en détail cette période charnière de sa vie. Elle y revient sur son expérience personnelle ainsi que sur le rôle central joué par la capitale algérienne dans les combats menés pour les indépendances et les droits des peuples au cours des années 1960, offrant ainsi un témoignage précieux sur cette période clé de l’histoire contemporaine.

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