Ouled Djellal, Hamra, Rembi : l’Algérie protège son patrimoine ovin
L’Algérie renforce la protection de ses célèbres races ovines comme Ouled Djellal, Hamra, Rembi et Tazegzawt.
Alors que l’Algérie poursuit l’importation de moutons afin de répondre à la forte demande nationale durant l’Aïd el-Adha, un autre enjeu prend de plus en plus d’importance : la protection des races ovines locales et la préservation du patrimoine génétique national.
Dans ce contexte, l’Institut algérien de normalisation (IANOR) a annoncé l’élaboration de plusieurs normes techniques et scientifiques destinées à encadrer et protéger les principales races algériennes de moutons.
Cette initiative vise à préserver la richesse génétique nationale tout en valorisant les caractéristiques uniques des races ovines algériennes, reconnues depuis des décennies pour leur adaptation au climat local, leur résistance et leurs qualités de production.
Quatre grandes races algériennes officiellement encadrées
L’IANOR a précisé que ces travaux ont été réalisés dans le cadre des activités de la Commission technique nationale n°49, spécialisée dans la production animale, l’alimentation du bétail et les techniques d’élevage.
Après plusieurs années de recherches scientifiques et d’études de terrain menées par des experts et institutions nationales, quatre grandes races ovines algériennes ont bénéficié de normes officielles détaillées :
Ces races figurent parmi les plus emblématiques du patrimoine pastoral algérien et occupent une place importante dans l’activité agricole et l’élevage à travers plusieurs régions du pays.
Des normes scientifiques pour préserver l’identité génétique
Les nouvelles normes définissent avec précision les caractéristiques morphologiques, génétiques, comportementales et reproductives propres à chaque race.
L’objectif est de créer une référence scientifique unifiée permettant :
- d’identifier officiellement chaque race,
- de préserver sa pureté génétique,
- d’améliorer les programmes de reproduction,
- et de soutenir les travaux des chercheurs, vétérinaires, universités et stations expérimentales.
Cette démarche représente également un outil important pour les éleveurs, qui pourront s’appuyer sur des critères techniques précis afin d’améliorer la qualité des cheptels et préserver les spécificités des races locales.
Le mouton Ouled Djellal, symbole de l’élevage algérien
Parmi les races concernées, le mouton Ouled Djellal reste sans doute l’une des plus connues en Algérie et dans plusieurs pays voisins.
Très apprécié pour sa robustesse, sa capacité d’adaptation aux zones steppiques et sahariennes ainsi que pour la qualité de sa viande, ce mouton constitue une véritable référence dans l’élevage ovin national.
Présente principalement dans les Hauts Plateaux et les régions steppiques, cette race représente une part importante du cheptel algérien destiné aussi bien à la consommation qu’aux activités économiques liées à l’élevage.
La Hamra, la Rembi et la Tazegzawt : un patrimoine vivant
D’autres races locales bénéficient également d’une attention particulière en raison de leur valeur patrimoniale et agricole.
La race Hamra, réputée pour sa viande et son adaptation aux zones de l’Ouest algérien, demeure l’une des plus anciennes races ovines du pays.
La race Rembi, très présente dans certaines régions des Hauts Plateaux, est quant à elle connue pour sa résistance et sa capacité à s’adapter aux conditions climatiques difficiles.
Enfin, la race Tazegzawt, originaire principalement des régions montagneuses de Kabylie, attire l’attention pour ses caractéristiques génétiques rares et son importante valeur patrimoniale.
La protection de la biodiversité animale au cœur des priorités
Au-delà de la simple normalisation technique, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de protection de la biodiversité animale en Algérie.
Les spécialistes estiment que la sauvegarde des races locales représente un enjeu majeur face aux mutations du secteur agricole, aux changements climatiques et à l’intensification des échanges internationaux.
La préservation du patrimoine génétique ovin permet également :
Importations de moutons : un équilibre à trouver
Le dossier intervient dans un contexte marqué par l’importation de moutons afin de stabiliser le marché national durant l’Aïd el-Adha.
Pour plusieurs experts, ces opérations d’importation doivent toutefois être accompagnées de politiques parallèles visant à soutenir les races locales afin d’éviter toute fragilisation du cheptel national face à la concurrence extérieure.
De nombreux spécialistes appellent ainsi au développement :
L’objectif est de garantir la durabilité du patrimoine animal algérien tout en répondant aux besoins croissants du marché national.
Un patrimoine agricole et culturel à valoriser
Au-delà de leur importance économique, les races ovines algériennes font partie intégrante du patrimoine culturel et rural du pays.
Chaque région possède ses traditions d’élevage, ses pratiques pastorales et ses spécificités liées à ces races locales qui constituent un véritable héritage vivant.
La reconnaissance officielle de ces races à travers des normes scientifiques pourrait également ouvrir la voie à une meilleure valorisation nationale et internationale du patrimoine ovin algérien.
L’IANOR invite les professionnels à consulter les normes officielles
L’Institut algérien de normalisation a enfin indiqué que les éleveurs, chercheurs et professionnels souhaitant obtenir davantage d’informations ou consulter les normes techniques peuvent contacter directement son service dédié.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté d’encourager une meilleure structuration du secteur et de renforcer les connaissances scientifiques autour des races ovines algériennes.
















