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L’Algérie face à une possible menace de propagation du criquet : l’alerte de la FAO

Des essaims de criquets observés en Afrique de l’Ouest pourraient migrer vers le nord.

Un rapport récent de la Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) attire l’attention sur une situation préoccupante concernant le cri­quet saharien en Afrique de l’Ouest et du Nord. Cette espèce d’insecte migrateur, connue pour former de vastes essaims capables de dévaster des cultures en quelques heures, a été observée dans plusieurs pays voisins, suscitant des craintes quant à une éventuelle progression vers l’Algérie.

La FAO présente ces observations comme un signal d’alerte plutôt qu’une invasion massive immédiate. Toutefois, l’organisation appelle à une vigilance accrue dans toutes les zones susceptibles d’être touchées par des mouvements migratoires d’essaims.

Présence avérée de criquet et risques de propagation

Selon le dernier bulletin de la FAO, des groupes d’individus isolés de criquets sahariens adultes ont été détectés dans plusieurs zones du continent, notamment en Afrique de l’Ouest et dans le sahel. Leur présence a été confirmée en particulier dans des zones telles que la Mauritanie et la partie occidentale du Sahara espagnol, où le climat et les végétations laissés par les pluies récentes créent des conditions favorables à leur développement.

La possibilité que ces groupes s’agrègent ou migrent vers le nord à l’approche de zones plus fertiles a été spécifiquement mentionnée. Cela pose la question d’un éventuel franchissement des frontières algériennes, notamment dans les zones méridionales du pays.

Efforts de lutte et retards liés aux conditions climatiques

Ironie du sort, les températures relativement basses enregistrées dernièrement ont eu un effet paradoxal : elles ont ralenti l’évolution naturelle de ces groupes d’insectes, retardant ainsi certains stades de reproduction. Cette pause climatique a offert aux autorités locales et aux partenaires internationaux une opportunité unique pour renforcer les opérations de surveillance et de lutte préventive dans les zones à risque.

Les interventions — comprenant des traitements phytosanitaires et des opérations de contrôle sur le terrain — ont ainsi été étendues à des superficies plus importantes que lors des campagnes précédentes, ce qui constitue un développement positif dans la gestion de cette menace phytosanitaire.

Scénarios d’évolution possibles

Selon les prévisions de la FAO, si les conditions climatiques deviennent plus chaudes et sèches, il existe un risque réel que certains essaims ou groupes non encore totalement formés se déplacent progressivement vers le nord et l’est, en direction du Maghreb. Une telle progression pourrait toucher non seulement l’Algérie, mais aussi d’autres pays du pourtour méditerranéen dans les mois à venir, notamment si des masses d’air propices au vol migratoire des insectes se renforcent.

Les experts indiquent également que les périodes de reproduction pourraient reprendre dès la fin de l’hiver ou au début du printemps, principalement si l’humidité et les précipitations augmentent dans les zones sahéliennes. Cela intensifierait la nécessité d’un renforcement des mécanismes de prévention, de surveillance et de réponse rapide.

Impacts sur l’agriculture et l’économie

Historiquement, les invasions de criquets ont coûté des millions de dollars aux économies agricoles en Afrique et au-delà. Ces insectes consomment non seulement les cultures alimentaires de base mais aussi les pâturages essentiels pour l’élevage, fragilisant de fait la sécurité alimentaire locale.

Un seul essaim de criquets peut, en l’espace d’une journée, consommer l’équivalent de la nourriture nécessaire pour plusieurs milliers de personnes ou animaux, ce qui expose les systèmes agricoles fragiles à des pertes considérables en cas de progression incontrôlée.

Appel à la vigilance et recommandations

Face à cette situation mouvante, la FAO insiste sur l’importance de maintenir une surveillance constante dans les zones frontalières sud de l’Afrique du Nord, notamment dans le sud et le centre de l’Algérie. Les autorités agricoles locales sont encouragées à collaborer avec les services régionaux de surveillance phytosanitaire et à partager les données en temps réel afin de détecter toute progression suspecte rapidement.

Les mesures préventives recommandées incluent l’intensification des patrouilles aériennes et terrestres, l’utilisation ciblée de traitements insecticides lorsque nécessaire, ainsi que la sensibilisation des agriculteurs et des communautés rurales aux signes précoces d’apparition d’essaims.

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