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Vers un jumelage entre Lawrence et Biskra : quand un Mondial rapproche deux villes

La ville de Lawrence, dans le Kansas, a accueilli l'équipe d'Algérie durant la Coupe du monde 2026.

L’accueil exceptionnel réservé à l’équipe nationale d’Algérie et à ses supporters lors de leur passage à Lawrence, dans le Kansas, à l’occasion de la Coupe du monde 2026, pourrait bien déboucher sur bien plus qu’un simple souvenir sportif. La ville américaine étudie désormais sérieusement la possibilité d’établir un jumelage officiel avec Biskra, une démarche qui ouvrirait la voie à de nouveaux échanges culturels et universitaires entre les deux territoires.

Une première réunion au Watkins Museum of History

C’est au sein du Watkins Museum of History que les membres de l’association « Sister Cities Lawrence » se sont réunis mercredi dernier pour entamer les premières discussions autour de ce projet de jumelage avec la ville algérienne de Biskra. Cette rencontre marque le point de départ officiel d’une réflexion née directement des liens tissés durant le séjour de la sélection algérienne dans la ville américaine pendant le Mondial.

Un projet porté par un duo père-fils

À l’origine de cette initiative se trouve Saadi El Mehdi Zemmouri, un Algérien installé à Sacramento, en Californie, accompagné de son père Noureddine Zemmouri, professeur d’architecture à l’Université de Biskra. Dans une lettre d’intention adressée aux autorités de Lawrence, le jeune homme explique vouloir bâtir un véritable pont civique, éducatif et culturel entre les deux villes, afin que cette relation dépasse le cadre d’un simple moment vécu à l’occasion de la Coupe du monde.

Un jumelage qui ne se construit pas dans la précipitation

Lawrence entretient déjà des relations de jumelage avec quatre villes à travers le monde : Eutin en Allemagne, Hiratsuka au Japon, Messolonghi/Iniades en Grèce, ainsi que Tocopilla au Chili. Les responsables de l’association rappellent toutefois qu’un nouveau partenariat de ce type ne saurait se décider à la légère.

Kelly Scholz, vice-présidente de « Sister Cities Lawrence », a insisté sur l’importance de nouer des relations durables et mutuellement bénéfiques pour les deux villes concernées. Dans le même esprit, Bob Schumm, président de l’association « Friends of Messolonghi », a souligné qu’un jumelage réussi repose avant tout sur l’engagement de bénévoles fiables sur le long terme, capables de faire vivre cette coopération bien après l’enthousiasme des premiers mois.

Des pistes de coopération universitaire déjà à l’étude

Au-delà de la dimension symbolique, les premières discussions ont permis d’identifier plusieurs axes concrets de collaboration entre les deux villes. Joe Potts, vice-recteur associé chargé des partenariats stratégiques et de l’innovation à l’Université du Kansas, présent lors de la réunion, estime qu’un accord-cadre ou une déclaration d’intention pourrait constituer une première étape avant la mise en place d’un partenariat plus structuré.

Il a évoqué, aux côtés de Noureddine Zemmouri, plusieurs domaines susceptibles de rapprocher les deux institutions universitaires : l’agriculture en milieu aride, la gestion des nappes phréatiques et des ressources en eau, l’architecture durable, ainsi que l’urbanisme spécifique aux zones oasiennes — des thématiques qui trouvent un écho naturel entre le Kansas et la région de Biskra. Cette coopération envisagée pourrait également prendre la forme d’échanges d’étudiants, de séjours en familles d’accueil, ainsi que d’une implication directe des enseignants-chercheurs des deux universités.

Une expérience qui a marqué les esprits des deux côtés

L’entente née entre l’Algérie et la ville de Lawrence semble avoir profondément marqué les habitants et responsables locaux. Kelly Scholz a confié avoir ressenti une grande fierté de voir sa ville accueillir l’équipe algérienne, se disant ravie que les Verts aient choisi Lawrence et heureuse que l’expérience se soit révélée aussi positive pour l’ensemble des parties.

Le maire de Lawrence, Brad Finkeldei, a quant à lui indiqué avoir échangé directement avec l’ambassadeur d’Algérie aux États-Unis, ainsi qu’avec un ancien ambassadeur américain en Algérie. Les deux diplomates se seraient montrés favorables à un renforcement des relations entre les deux pays, un signal encourageant pour la suite du projet.

Prochaine étape : la création d’un groupe « Friends of Biskra »

À ce stade, aucun accord officiel n’a encore été signé entre les deux villes. Toutefois, la prochaine étape de ce projet de jumelage a d’ores et déjà été identifiée : la création d’un groupe dédié, baptisé « Friends of Biskra », qui aura pour mission de structurer et de faire avancer concrètement cette initiative née d’une rencontre sportive devenue, potentiellement, bien plus qu’un simple épisode footballistique.

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