Khadidja Ladjama, la femme qui a transformé son amour des chats en refuge
Près d’une centaine de chats ont trouvé refuge auprès de Khadidja Ladjama, qui consacre son quotidien aux animaux blessés, malades ou handicapés.
Certaines histoires commencent par un geste anodin et finissent par prendre une dimension que personne n’avait imaginée. Celle de Khadidja Ladjama est de celles-là. Animée depuis longtemps par un attachement particulier aux chats, elle a progressivement transformé son amour pour ces animaux en une véritable mission : recueillir, soigner et protéger ceux que la rue a laissés blessés, malades ou lourdement handicapés.
Au départ, il ne s’agissait pourtant pas de créer un refuge. Les chats qu’elle trouvait dans un état critique étaient simplement conduits chez elle afin de recevoir les premiers soins. Une fois rétablis, certains étaient remis dans leur environnement habituel. Mais tous ne pouvaient pas reprendre une vie normale.
Accidents de la circulation, agressions, blessures graves, paralysies ou pertes de membres ont laissé certains animaux avec des séquelles permanentes. Pour ces chats devenus incapables de survivre seuls dans la rue, les remettre dehors aurait souvent signifié les exposer de nouveau au danger. C’est progressivement que l’idée d’un espace spécialement consacré à leur protection s’est imposée.
Le refuge de Khadidja Ladjama né de la nécessité
Ce qui n’était au départ qu’une solution ponctuelle s’est ainsi transformé en un véritable lieu d’accueil. Aujourd’hui, près d’une centaine de chats y vivent, avec des profils et des besoins très différents.
Le refuge accueille notamment des animaux qui nécessitent une surveillance quotidienne ou des soins prolongés. Certains ont besoin d’une alimentation adaptée, d’autres doivent être aidés pour boire ou manger, tandis que les plus lourdement atteints dépendent presque entièrement d’une personne pour les gestes essentiels de la vie quotidienne.
Cette évolution n’a pas été sans conséquences sur la vie familiale. L’accueil permanent d’un nombre croissant de chats a fini par devenir difficile à gérer dans le cadre domestique. La création d’un espace dédié est alors apparue comme la meilleure manière de poursuivre cette activité dans de meilleures conditions.
Le refuge est devenu, au fil du temps, bien plus qu’un simple toit. Pour ces animaux fragilisés, il représente un espace où ils peuvent être éloignés des dangers de la rue et bénéficier d’une prise en charge adaptée à leur état.
Des soins qui exigent patience et disponibilité
Prendre soin d’un chat blessé ne consiste pas uniquement à lui offrir de la nourriture et un endroit où dormir. Certaines situations nécessitent une attention permanente et des gestes particulièrement délicats.
Les animaux victimes de fractures de la mâchoire, par exemple, peuvent être incapables de s’alimenter ou de boire normalement. Ils doivent alors être nourris et hydratés manuellement, notamment à l’aide d’une seringue.
D’autres souffrent de troubles neurologiques qui affectent leur équilibre et leur capacité à se déplacer correctement. Pour ces chats, les repas eux-mêmes peuvent devenir une épreuve. Il faut les accompagner, les maintenir dans une position suffisamment stable et veiller à ce qu’ils puissent s’alimenter sans danger.
Les cas de paralysie représentent également une importante charge de travail. Certains animaux nécessitent des changements réguliers de protections, ainsi qu’un nettoyage quotidien. Ces soins, souvent répétitifs, demandent du temps, de la patience et surtout une présence constante.
Derrière chaque animal recueilli se trouve donc une réalité différente et, avec elle, une manière particulière de s’en occuper.
Après l’urgence, vient le temps de la reconstruction
Le sauvetage n’est que la première étape. Une fois l’animal stabilisé, d’autres interventions peuvent devenir nécessaires afin de lui permettre de retrouver les meilleures conditions de vie possibles.
Les chats victimes d’accidents ou d’agressions peuvent notamment avoir besoin d’opérations pour réparer des fractures. Après une intervention chirurgicale, la période de récupération peut s’étendre sur plusieurs semaines. Durant cette phase, l’animal doit parfois être isolé et faire l’objet d’une surveillance rapprochée.
Certains chats accueillis au refuge sont ainsi maintenus à l’écart des autres pendant une période pouvant atteindre un mois, notamment lorsqu’ils viennent de subir une opération et nécessitent un environnement calme pour récupérer. La prise en charge comprend également des soins vétérinaires préventifs. Une fois leur état stabilisé, les animaux peuvent avoir besoin d’être vaccinés et stérilisés, qu’il s’agisse de jeunes chats ou d’animaux adultes.
Des animaux qui ne peuvent plus retourner dans la rue
La question du retour à la rue constitue l’un des aspects les plus délicats de cette activité. Lorsqu’un chat est complètement rétabli et capable de se débrouiller seul, il peut parfois retrouver son environnement extérieur.
La situation est différente pour ceux qui conservent un handicap. Un animal amputé, aveugle, paralysé ou présentant des troubles importants risque de ne pas pouvoir échapper aux dangers auxquels sont confrontés les chats errants.
C’est précisément pour ces situations que le refuge a pris une importance particulière. Il offre une solution à des animaux qui, sans cette prise en charge, pourraient difficilement survivre seuls. Le choix de les garder représente cependant un engagement de longue durée. Chaque nouveau pensionnaire signifie potentiellement des soins supplémentaires, des dépenses, du temps et une responsabilité quotidienne.
Une centaine de pensionnaires, autant d’histoires
Avec environ cent chats accueillis, le refuge est désormais devenu une petite communauté animale où se côtoient des individus aux parcours très différents.
Certains ont été victimes de la circulation. D’autres portent les traces d’agressions ou de maladies. Quelques-uns ont perdu une partie de leur autonomie à la suite de blessures graves. Tous ont cependant un point commun : ils ont besoin d’une aide qu’ils ne peuvent pas toujours trouver seuls.
Cette diversité des situations rend le travail particulièrement exigeant. Il ne suffit pas de répondre aux besoins généraux du groupe ; il faut également tenir compte de l’état de santé et des capacités de chaque animal. La prise en charge repose ainsi sur une organisation quotidienne faite de soins, de surveillance, d’alimentation, d’hygiène et de suivi des animaux en convalescence.
Un engagement qui dépasse la simple affection pour les animaux
À travers cette expérience, l’histoire de Khadidja Ladjama montre comment une affection personnelle peut progressivement devenir un engagement profondément ancré dans le quotidien.
Aimer les animaux est une chose. Prendre en charge ceux qui sont blessés, dépendants ou incapables de retourner à la vie extérieure en est une autre. Cela implique d’accepter les contraintes, les soins parfois difficiles, les dépenses et la fatigue, mais aussi les situations où les progrès sont lents.
Son refuge est ainsi né d’une succession de petits sauvetages qui, au fil des années, ont pris une ampleur considérable. Ce lieu constitue aujourd’hui un abri pour des chats qui, autrement, auraient été condamnés à affronter seuls les conséquences de leurs blessures.
Un refuge comme seconde chance
Derrière les murs de ce refuge, chaque chat porte une histoire faite de blessures, de survie et, désormais, de protection. Pour certains, le lieu représente une étape temporaire avant de retrouver davantage d’autonomie. Pour d’autres, notamment les animaux lourdement handicapés, il devient un foyer permanent.
L’expérience de Khadidja Ladjama rappelle surtout que la protection animale ne se limite pas aux gestes spectaculaires du sauvetage. Elle se construit également dans les actes répétitifs du quotidien : nourrir un animal qui ne peut plus manger seul, nettoyer celui qui ne peut plus se déplacer, surveiller une plaie, accompagner une convalescence ou simplement rester présent.
D’une maison familiale devenue trop étroite à un refuge accueillant près d’une centaine de chats, le parcours témoigne d’une évolution guidée par une conviction simple : lorsqu’un animal blessé ne peut plus se défendre seul, lui offrir une seconde chance devient une responsabilité autant qu’un acte de compassion. Et dans ce refuge, cette seconde chance se construit chaque jour, un soin après l’autre.















