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Une voiture malaisienne « abordable » bientôt produite en Algérie

De l’industrie automobile au commerce régional : la coopération algéro-malaisienne se renforce

L’Algérie et la Malaisie s’apprêtent à franchir une étape décisive dans leurs relations économiques avec le lancement d’un projet de fabrication de véhicules à coûts maîtrisés sur le sol algérien. Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de coopération stratégique, couvrant plusieurs secteurs économiques à fort potentiel.

Le principal protagoniste de cette dynamique est l’ambassadeur de Malaisie en Algérie, Rizany Irwan Muhamad Mazlan, qui a dévoilé les grands axes de ce partenariat dans une interview donnée au journaliste de Echoroukonline. Il a notamment insisté sur la volonté commune des deux pays de renforcer leur coopération industrielle, commerciale et technologique.

Un projet automobile attractif pour le marché algérien

L’un des volets les plus attendus de cette coopération concerne l’arrivée de la marque automobile malaisienne Proton en Algérie. Le projet — encore en phase de négociation — vise à produire des véhicules adaptés au marché local et régional, capables d’offrir une alternative plus abordable que celles proposées actuellement par d’autres constructeurs étrangers.

Selon les déclarations de l’ambassadeur, des discussions sont en cours pour établir une usine d’assemblage ou de fabrication en Algérie, avec l’appui d’un partenaire local. L’objectif affiché est de positionner ce projet comme un pont industriel vers le marché africain, où la demande de véhicules est en constante croissance.

Un marché au fort potentiel

Le marché automobile algérien est particulièrement attractif pour plusieurs raisons :

  • Une population importante avec une demande insatisfaite en véhicules neufs.
  • Une priorité politique affichée par l’État pour la fabrication locale et la réduction des importations.
  • Une position géographique stratégique pour desservir les marchés africains voisins.

L’ambassadeur malaisien a confirmé que Proton envisage une approche graduelle, débutant par la distribution et l’implantation de concessions, avant de passer à des étapes plus avancées d’assemblage semi-knock-down (SKD) ou complet (CKD), puis possiblement vers une fabrication intégrale sur le territoire algérien.

Au cœur d’un ensemble d’investissements déjà important

Cette initiative ne se limite pas à l’industrie automobile. Elle s’inscrit dans le cadre de projets d’investissement multi-secteurs, dont notamment un important projet d’extraction et de transformation des métaux lourds (fer, aluminium) porté par le groupe malaisien Leon, avec un investissement estimé à 6 milliards de dollars.

Ce projet prévoit la création de milliers d’emplois directs et indirects, tout en valorisant les ressources naturelles algériennes grâce à des technologies avancées malaisiennes. Il symbolise une volonté de coopération industrielle gagnant-gagnant, où l’Algérie contribue par ses ressources et sa main-d’œuvre, tandis que la Malaisie apporte son savoir-faire technologique et ses techniques de gestion.

Des retombées économiques et sociales attendues

L’implantation de ces projets devrait générer des effets économiques significatifs. Outre la création d’emplois, le transfert de compétences vers les ingénieurs et techniciens locaux est considéré comme l’un des avantages majeurs.

Les autorités algériennes voient dans ce partenariat une occasion de renforcer le tissu industriel national, tout en réduisant la dépendance aux importations de véhicules complètement finis.

Accroissement des échanges commerciaux bilatéraux

Les échanges commerciaux entre l’Algérie et la Malaisie connaissent déjà une dynamique positive, avec une croissance notable des exportations algériennes vers la Malaisie ces dernières années. Cette nouvelle étape promet de renforcer encore davantage ces flux, car elle ouvre la voie à des échanges plus diversifiés, allant au-delà des produits primaires traditionnels.

Un partenariat tourné vers l’Afrique et l’Asie

Un élément clé de cette coopération réside dans l’ouverture de nouveaux marchés. L’ambassadeur a mentionné l’intérêt d’intégrer des accords économiques régionaux, tels que l’accord avec l’ASEAN, qui permettrait à l’Algérie d’accéder à un marché de plus de 600 millions de consommateurs et de renforcer sa présence dans les chaînes de valeur internationales.

Cette stratégie reflète une ambition plus large : faire de l’Algérie un carrefour industriel entre l’Afrique et l’Asie, en capitalisant sur sa position géographique et ses atouts naturels.

Vers une Algérie plus compétitive au plan industriel

La coopération avec la Malaisie inclut également des secteurs tels que :

  • La technologie
  • La finance islamique et les services bancaires compatibles avec la charia
  • Le tourisme et l’industrie des produits halal
  • La formation et l’éducation, notamment par l’ouverture de passerelles entre universités des deux pays.

Un tournant stratégique pour l’industrie nationale

En définitive, le projet de production de voitures malaisiennes à prix abordables s’inscrit dans une vision industrielle ambitieuse et multidimensionnelle. Il ne se limite pas à la fabrication de véhicules, mais s’accompagne d’un ensemble d’investissements structurants, d’un transfert de technologies, et d’une ouverture vers de nouveaux horizons économiques.

Cette coopération approfondie entre l’Algérie et la Malaisie ouvre une nouvelle page des relations bilatérales, portée par des intérêts économiques concrets mais également par une vision partagée d’un développement industriel durable et inclusif.

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