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Couscous dans l’espace : polémique entre l’Algérie et le Maroc autour d’un repas lunaire

Le couscous aux noix de la mission Artemis II devient le symbole d’un débat culturel.

La récente mission habitée Artemis II de la NASA, lancée le 1er avril 2026 vers l’orbite lunaire, a réuni quatre astronautes pour une expédition de dix jours autour de la Lune, une première depuis plus de cinquante ans. Mais au-delà de l’aspect scientifique et technologique, c’est un détail apparemment anodin du menu alimentaire des astronautes qui a enflammé une fois de plus les réseaux sociaux : la présence d’un plat de couscous aux noix a ravivé les controverses culturelles entre citoyens algériens et marocains.

De la fusée lunaire au cœur des débats culinaires

C’est le choix de ce plat par l’agence spatiale américaine qui a donné lieu à une polémique inattendue. Certains médias, notamment au Maroc, ont rapidement relayé l’information en affirmant que le couscous servi dans l’espace serait “marocain”. Ces titres catégoriques ont aussitôt suscité des réactions sur les réseaux sociaux et relancé la fameuse querelle autour de l’appropriation d’un mets emblématique du Maghreb.

Pourtant, dans les documents officiels publiés par la NASA, aucun lien explicite n’est fait avec un pays particulier : le menu mentionne simplement un “couscous avec noix” sans préciser davantage. Cette absence de nationalité a laissé la porte ouverte à des interprétations souvent passionnelles par les internautes.

Algérie et Maroc : une même tradition culinaire, multiples revendications

Ce débat n’est pas nouveau : la question de l’origine du couscous — plat traditionnel consommé dans tout le Maghreb — est régulièrement source de discussions entre les deux pays. Dans le passé, plusieurs personnalités culturelles et politiques des deux côtés ont revendiqué le couscous comme étant propre à leur patrimoine national, malgré son inscription en 2020 au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO au titre d’un héritage partagé du Maghreb.

Les réseaux sociaux ont amplifié ces réactions, certains internautes rappelant que ce plat existe sous de nombreuses variantes locales : couscous sucré, salé, avec différents types d’accompagnements et épices, reflétant une diversité culturelle propre à chaque région.

Une polémique qui dépasse la simple gastronomie

Dans le fil des réactions, un autre élément a alimenté les discussions : la présence d’un ingénieur d’origine algérienne parmi les responsables du lancement de la mission Artemis II. Pour nombre d’internautes, ce lien personnel aurait inspiré le choix culinaire dans l’espace, même si aucune déclaration officielle de la NASA n’a corroboré cette interprétation.

Certains commentateurs ont ainsi interprété l’épisode comme une forme de récupération culturelle ou de symbolisme national, estimant que la mention du couscous pouvait être perçue comme une valorisation implicite du patrimoine maghrébin en général, et algérien en particulier, au-delà de son simple aspect gastronomique.

Patrimoine partagé ou rivalités persistantes ?

Les discussions ont rapidement glissé vers des accusations plus vives, certains évoquant de manière ironique que, après avoir tenté de revendiquer d’autres éléments culturels comme le zellige ou le caftan, certaines parties chercheraient désormais à s’approprier jusqu’à une présence symbolique sur la Lune.

Pour d’autres, cette “guerre du couscous” n’est qu’un nouvel épisode d’une longue tradition de querelles culinaires et identitaires entre les deux nations voisines, qui trouvent dans des sujets anodins une occasion de réaffirmer leur fierté culturelle.

Au-delà des frontières : un plat qui unit plus qu’il ne divise ?

En réalité, le couscous est bien plus qu’un simple plat : il représente une richesse culinaire partagée, forgée au fil des siècles dans les sociétés du Maghreb. Son existence sous de multiples formes témoigne de la créativité et de l’interconnexion des peuples de la région, qui ont su adapter une base commune à leurs goûts, produits et traditions locales.

Ainsi, même si un débat peut s’enflammer autour de la paternité de ce mets, pour beaucoup, le couscous reste un lien culturel fort qui dépasse les frontières et les revendications nationales.

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