Oléicole algérienne : une saison exceptionnelle pour l’olivier marque un tournant historique
Une récolte oléicole record après plusieurs années de stagnation en Algérie
La filière oléicole algérienne connaît en 2025 l’une de ses meilleures saisons de production d’olives et d’huile d’olive des dernières années. Les producteurs agricoles de tout le pays ont enregistré des niveaux de rendement qui n’avaient pas été observés depuis près de sept ans, fruit de conditions de culture favorables et d’une expansion significative des terres plantées en oliviers.
Selon les données collectées auprès des professionnels du secteur, la production de fruits oléicoles et d’huile a connu une hausse remarquable par rapport à la saison précédente, offrant un regain remarquable d’activité pour les acteurs de la filière.
Expansion des surfaces et diversification géographique
L’un des éléments clés de cette dynamique positive réside dans l’élargissement des surfaces plantées en oliviers à travers le pays. La superficie totale dédiée à cette culture avoisine désormais 500 000 hectares, répartis entre 300 000 hectares pour la production d’huile d’olive et 200 000 hectares pour l’olive de table. Cette extension permet à la filière oléicole d’occuper une place bien plus importante dans l’agriculture nationale.
Plus significatif encore, la culture de l’olivier s’est implantée au-delà des régions traditionnelles. Des wilayas intérieures comme Djelfa, Laghouat et Ghardaïa, auparavant marginales dans cette production, ont fait état de résultats encourageants au cours des dernières années. Cette extension traduit l’adaptabilité de l’olivier aux conditions climatiques et les efforts des agriculteurs pour optimiser leur rendement.
Soutien institutionnel et modernisation du secteur Oléicole
Cette progression de la filière ne résulte pas uniquement de facteurs naturels. Elle est le produit d’un accompagnement structuré des autorités agricoles, notamment via la distribution de crédits à taux avantageux et des subventions ciblées. Parmi les programmes les plus cités figurent les crédits dits « Rafiq » et « Tahaddi », conçus pour soutenir l’installation de nouvelles plantations, l’irrigation efficace des vergers et l’acquisition d’équipements modernes.
Les interventions du ministère de l’Agriculture ont été saluées par de nombreux producteurs locaux, qui soulignent l’impact positif de ces mesures sur la viabilité de leurs exploitations et leur compétitivité sur les marchés national et international.
Témoignages et réalité du terrain
Sur le terrain, les témoignages recueillis reflètent l’enthousiasme des acteurs du secteur. À Benhar, dans la wilaya de Djelfa, un investisseur agricole exploitant une plantation de plusieurs milliers d’oliviers a expliqué que sa ferme produit une huile d’olive extra-vierge de haute qualité, qui a reçu plusieurs récompenses internationales lors de compétitions spécialisées. Ce type de reconnaissance met en lumière l’essor qualitatif autant que quantitatif du secteur.
Cependant, cette abondance a aussi eu un impact concret sur l’organisation de la campagne : les pressoirs à olives ont connu une surcharge d’activité, obligeant certains producteurs à attendre plusieurs jours avant de pouvoir faire presser leurs récoltes. Cette situation illustre à la fois le dynamisme de la production et les défis logistiques associés à une récolte exceptionnelle.
Perspectives et défis pour l’avenir
Même si des chiffres précis et exhaustifs de la production nationale ne sont pas encore disponibles, les indicateurs du secteur convergent vers une croissance durable de l’olivier en Algérie. On recense plus de 1 700 moulins à huile d’olive à travers le territoire, dont une majorité de moulins traditionnels ainsi qu’un nombre croissant de structures semi-automatisées ou entièrement automatisées.
La progression de l’olivier en Algérie s’inscrit dans une tendance plus large observée au Maghreb et autour du bassin méditerranéen, où la demande en huile d’olive de qualité ne cesse de croître. Par ailleurs, l’essor des vergers oléicoles alimente également une stratégie visant à renforcer la place du pays parmi les grands producteurs mondiaux dans les prochaines années.
















