L’Algérie retrouve enfin sa part historique de thon rouge après 15 ans !
Pêche au thon rouge : une victoire diplomatique ouvre de nouvelles perspectives pour l’Algérie
Après des années de travail diplomatique et technique au sein de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT), l’Algérie est parvenue à reconquérir sa part historique dans la pêche au thon rouge. Cette mesure intervient à l’issue de la 29ᵉ session de l’ICCAT, qui s’est tenue récemment à Séville, en Espagne, et qui a fixé les quotas de pêche pour la période 2026-2028.
Grâce à de longues négociations, la part algérienne a été relevée, marquant une augmentation de 437 tonnes de quota par an. Désormais, le pays dispose d’un quota de 2 460 tonnes, ce qui correspond à environ 5,10 % du total global attribué aux pays membres de l’organisation.
thon rouge : corriger une injustice du passé
Cette victoire intervient après une baisse injustifiée de la part algérienne en 2010, lorsqu’une absence de représentation avait conduit à une réduction drastique du quota du pays à seulement 1 % du total mondial. Pendant 15 ans, l’Algérie a donc perdu une part significative de son droit de pêche, pénalisant ses professionnels et son secteur maritime.
Le redressement de cette situation constitue une reconnaissance officielle des droits historiques du pays, qui retrouve une position plus conforme à son rôle traditionnel dans la pêche au thon rouge.
Des négociations ardues mais couronnées de succès
La délégation algérienne présente à Séville a dû faire preuve de détermination et de diplomatie pour défendre sa demande, face à une concurrence accrue d’autres pays et à l’arrivée de nouveaux membres dans l’organisation. Les discussions ont été longues et parfois complexes, mais ont finalement permis d’obtenir une révision favorable du quota.
Ce succès reflète non seulement les efforts de la direction générale de la pêche et de l’aquaculture, mais aussi un engagement institutionnel fort pour valoriser le secteur halieutique national.
Reculer pour mieux avancer : un rôle renforcé à l’international
Outre l’augmentation de son quota, l’Algérie a vu le renouvellement de la confiance envers son représentant auprès de l’ICCAT, Amar Ouchelli, qui a été réélu président du 4ᵉ sous-comité de l’organisation. Cette réélection est perçue comme une reconnaissance internationale de l’expertise et de l’engagement du pays dans les travaux de gestion durable des ressources marines.
Elle renforce par ailleurs la position diplomatique de l’Algérie au sein de cette instance mondiale et ouvre la voie à une participation encore plus active dans les futures négociations.
Impacts économiques et alimentaires
Le renforcement du quota de thon rouge a des implications économiques et sociales importantes. Ce poisson, très prisé sur les marchés internationaux, notamment au Japon pour la préparation de sushis et sashimis, représente une source de revenus en devises non négligeable.
En outre, une gestion plus équilibrée des ressources halieutiques contribue à la sécurité alimentaire nationale, en soutenant les pêcheurs locaux et les industries dérivées, tout en renforçant la souveraineté du pays dans un secteur stratégique.
Perspectives pour l’avenir
La session de Séville a également intégré une disposition importante dans la recommandation finale, stipulant un suivi du dossier algérien lors de la prochaine révision des quotas en 2028. Cette clause ouvre la porte à de possibles augmentations supplémentaires à l’avenir, en fonction des conditions de pêche et des discussions internationales.
Ainsi, l’Algérie ne se contente pas de corriger une injustice historique : elle se positionne aussi pour renforcer sa présence et son influence au sein de la communauté internationale de gestion des ressources marines.
















