Carburants en Algérie : une nouvelle hausse des prix possible en 2027 ?
Le prix de l’essence pourrait-il augmenter en Algérie en 2027 ? Le projet de loi de finances prévoit une possibilité de révision des tarifs, sans annoncer de nouvelle hausse ni fixer de date. Voici ce qu’il faut retenir.
Le projet de loi de finances 2027 ouvre la possibilité d’une nouvelle révision des prix des carburants en Algérie, sans annoncer pour autant une augmentation imminente. Son article 218 prévoit que les tarifs peuvent être révisés « en cas de besoin », notamment face à la progression des coûts de production et de distribution. À ce stade, aucun nouveau prix ni aucune date d’application n’ont été communiqués. Cette disposition intervient neuf mois après la hausse appliquée le 1er janvier 2026, qui avait concerné l’essence, le gasoil et le GPL-c.
Un article qui ouvre la voie à une révision des tarifs
L’article 218 du projet de loi de finances (PLF) 2027 introduit une disposition consacrée à l’évolution des prix des carburants. En une seule phrase, il prévoit la possibilité de réviser ces tarifs lorsque les circonstances le nécessitent, avec l’intervention des parties prenantes concernées.
Le texte ne précise toutefois ni le montant d’une éventuelle augmentation, ni son pourcentage, ni le calendrier d’une telle mesure. Il ne désigne pas non plus explicitement l’autorité qui serait chargée de procéder à cette révision. L’exposé des motifs évoque des ajustements ciblés et encadrés, présentés comme un moyen de répondre aux contraintes économiques du secteur.
Il convient donc de distinguer cette possibilité juridique d’une décision effective : le PLF 2027 ne constitue pas, en lui-même, l’annonce d’une nouvelle hausse des prix à la pompe.
Les coûts de production au cœur des préoccupations
Dans sa présentation du dispositif, le gouvernement rappelle que les prix des carburants en Algérie bénéficient d’un soutien public important. La tarification nationale demeure, selon les autorités, parmi les plus avantageuses et les plus stables au monde, l’État prenant en charge une partie de l’écart entre les coûts réels et les prix payés par les consommateurs.
Cependant, la progression des coûts de production et de distribution exerce une pression croissante sur l’équilibre économique de la filière. Le gouvernement estime ainsi qu’une révision des tarifs pourrait devenir nécessaire pour préserver la viabilité financière des activités de raffinage et de distribution, tout en limitant les risques de perturbation de l’approvisionnement.
Le projet de loi affirme néanmoins que les éventuels ajustements ne doivent pas remettre en cause le soutien de l’État. L’objectif affiché consiste à concilier les exigences économiques du secteur avec la préservation du pouvoir d’achat et de la stabilité sociale.
Par ailleurs, l’article 218 est la seule disposition du PLF 2027 qui touche directement à la possibilité de réviser les prix des carburants. L’article 51 porte, quant à lui, sur la répartition du produit de la taxe sur les produits pétroliers entre les collectivités, avec un avantage accordé à la wilaya d’Alger, sans prévoir d’augmentation de cette taxe.
Retour sur la hausse du 1er janvier 2026
La possibilité d’une nouvelle révision intervient après un précédent ajustement entré en vigueur le 1er janvier 2026. À cette date, les stations-service ont appliqué de nouveaux tarifs, communiqués aux gérants par l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) dans un courrier transmis la veille.
Les prix avaient alors évolué comme suit :
| Carburant | Jusqu’au 31 décembre 2025 | Depuis le 1er janvier 2026 |
|---|---|---|
| Essence | 45,62 DA/litre | 47 DA/litre |
| Gasoil | 29,01 DA/litre | 31 DA/litre |
| GPL-c (Sirghaz) | 9 DA/litre | 12 DA/litre |
Le ministère des Hydrocarbures et des Mines avait justifié cette révision par la hausse des coûts de production et de distribution, soulignant que les prix n’avaient pas évolué depuis 2020.
Le GPL-c avait également fait l’objet d’un ajustement, tout en conservant un avantage tarifaire important par rapport à l’essence. Cette différence contribue à maintenir l’intérêt économique de ce carburant alternatif pour les automobilistes équipés de véhicules compatibles.
Le cadre réglementaire prévoit par ailleurs un rôle pour l’ARH dans le calcul et la notification des prix, conformément au décret exécutif n° 21-63 du 11 février 2021. La loi de finances 2026 avait, de son côté, maintenu inchangée la taxe sur les produits pétroliers.
Dans ce contexte, certains observateurs considèrent que le nouvel article vise à encadrer plus explicitement les possibilités de révision tarifaire. Cela ne permet toutefois pas de conclure qu’une augmentation supplémentaire est déjà programmée pour 2027.
Les automobilistes doivent-ils s’attendre à une nouvelle hausse ?
Pour les conducteurs, les tarifs de référence restent ceux appliqués depuis le début de l’année 2026 : 47 DA le litre d’essence, 31 DA pour le gasoil et 12 DA pour le GPL-c. Aucune nouvelle décision tarifaire n’a été annoncée dans les informations présentées par le projet de loi.
Le 1er janvier 2027 est parfois évoqué comme une échéance possible, par analogie avec la précédente révision. Cette hypothèse ne repose cependant sur aucun calendrier inscrit dans l’article 218. Une éventuelle modification dépendra des décisions qui seront prises par les autorités compétentes.
Dans l’attente d’annonces officielles, les automobilistes ont donc intérêt à distinguer les scénarios envisagés des mesures effectivement adoptées. Les communications de l’ARH, du ministère des Hydrocarbures et des Mines et de Naftal restent les références à privilégier pour connaître les tarifs applicables.
La taxe sur les carburants aux frontières : ce que prévoit le projet
Le PLF 2027 aborde également les modalités de paiement de la taxe sur les carburants due par les conducteurs qui quittent le territoire algérien par voie terrestre.
Les tarifs de cette taxe restent inchangés dans le dispositif présenté. Le projet prévoit la possibilité de la régler auprès des services des impôts, dans un bureau de poste ou auprès d’une banque avant chaque sortie du territoire. Les conducteurs qui arrivent à la frontière sans justificatif de paiement pourront également effectuer le règlement auprès des postes ou des banques situés dans les communes frontalières.
Cette mesure concerne les formalités liées au passage des frontières et doit être distinguée de la question d’une éventuelle hausse des prix de l’essence, du gasoil ou du GPL-c vendus dans les stations-service.
Le Parlement doit encore examiner le PLF 2027
Le projet de loi de finances a été examiné par le gouvernement le 30 septembre 2026, avant son adoption en Conseil des ministres le 4 octobre. Il doit désormais suivre la procédure parlementaire, avec un examen à l’Assemblée populaire nationale (APN), puis au Conseil de la nation.
Les parlementaires peuvent proposer des amendements susceptibles de modifier ou de supprimer l’article 218. La version définitive dépendra donc du texte adopté et promulgué à l’issue de cette procédure.
La Constitution prévoit un délai de 75 jours à compter du dépôt du projet pour l’adoption de la loi de finances. La promulgation est attendue avant la fin de l’année 2026.
En définitive, le PLF 2027 ouvre la possibilité d’une révision des prix des carburants, mais ne confirme aucune nouvelle hausse. Tant que la procédure législative n’est pas achevée et qu’aucune décision tarifaire officielle n’est annoncée, les prix appliqués depuis janvier 2026 restent les références à retenir.
















