Yoga à Alger : l’Association des oulémas monte au créneau
L'Association des oulémas musulmans algériens a critiqué l'événement « Yoga Spirit » organisé au Jardin d'Essai d'El Hamma.
L’Association des oulémas musulmans algériens a vivement critiqué une activité intitulée « Yoga Spirit », récemment organisée dans la capitale par une représentation diplomatique étrangère. Cette sortie s’inscrit dans un communiqué de grande ampleur, diffusé hier soir à l’occasion du 64ᵉ anniversaire de la Fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, dans lequel l’organisation religieuse aborde également d’autres sujets de société jugés préoccupants, comme le trafic de drogue et la montée des bandes de quartiers.
Le yoga, une pratique jugée incompatible avec les fondements religieux
Une page entière du communiqué a été consacrée à cette question. L’association y affirme que « l’esprit du yoga », dans ses origines historiques, ne se limite pas à un simple ensemble d’exercices physiques ou de mouvements corporels, mais puiserait ses racines dans un système religieux et philosophique porteur de conceptions spirituelles et doctrinales jugées incompatibles avec la foi islamique.
Sans la nommer explicitement, l’organisation semble viser la deuxième édition de l’événement « Yoga Spirit », organisée par l’ambassade de l’Inde en Algérie au Jardin d’Essai d’El Hamma, dont plusieurs images avaient été partagées sur la page Facebook officielle de la représentation diplomatique.
Un appel à distinguer sport et pratique cultuelle
Le ton employé dans le communiqué reste particulièrement ferme. L’organisation appelle à établir une distinction claire entre les activités physiques visant uniquement à améliorer la condition physique et la santé, et celles comportant une dimension doctrinale ou cultuelle, susceptibles de véhiculer des slogans, des invocations ou des symboles à caractère religieux.
Elle insiste sur la nécessité de préserver la pureté de la foi et de rester fidèle aux constantes religieuses du pays. Tout en reconnaissant que l’Algérie entretient des relations fondées sur le respect avec l’ensemble des nations et qu’elle honore les particularités culturelles des différents peuples, l’association estime que cette ouverture ne saurait se faire au détriment de la référence islamique du peuple algérien, qu’elle considère comme un pilier essentiel de l’identité nationale, protégé par la Constitution.
Un appel à la mobilisation des élites nationales
L’organisation religieuse a également interpellé les oulémas, les imams, les éducateurs, les journalistes, les créateurs de contenus, les influenceurs, ainsi que l’ensemble des élites du pays, les invitant à intensifier leurs efforts de sensibilisation autour des questions liées à l’identité et aux valeurs nationales. Elle justifie cette démarche par sa mission réformatrice, revendiquée depuis près d’un siècle, estimant qu’il relève de son devoir religieux d’alerter sur ces enjeux et d’appeler à y faire face avec sagesse et fermeté, en complémentarité avec les institutions de l’État.
La version de l’ambassade indienne
De son côté, l’ambassade de l’Inde avait présenté les choses différemment le mois dernier sur sa page Facebook, décrivant un événement s’étant déroulé dans une ambiance dynamique et enthousiaste, sous le thème du bien vieillir grâce au yoga, au Jardin d’Essai d’El Hamma, avec en toile de fond une vue sur le Maqam Echahid.
Le communiqué s’attarde aussi sur l’insécurité et les violences urbaines
Au-delà de la question du yoga, le texte revient longuement sur l’agression survenue à Tébessa contre le moudjahid Maâmar Cherfi, au cours de laquelle sa fille a perdu la vie, présentée comme le symptôme d’une dégradation plus large de la sécurité publique. L’association dénonce la multiplication des scènes impliquant port d’épées, de couteaux et d’armes blanches, ainsi que les agressions visant les citoyens dans leur intégrité physique ou leurs biens.

Elle pointe également la propagation d’un sentiment d’insécurité dans les quartiers et sur la voie publique, certains actes étant désormais commis en plein jour, sous le regard de passants impuissants — une réalité jugée en contradiction avec l’image d’un pays réputé pour sa sécurité et sa stabilité.
Un appel à la fermeté envers les auteurs de violences
Face à ce constat, l’organisation appelle les autorités compétentes à agir avec la plus grande sévérité contre quiconque s’en prend aux citoyens, sème la terreur ou bloque les routes. Elle rappelle que les dispositions de la charia, lorsque leurs conditions d’application sont réunies, visent précisément à protéger la société et à garantir justice, dissuasion et stabilité. Elle salue par ailleurs les efforts déployés par les services de sécurité dans la traque de ces individus.
Une mise en garde contre le trafic de stupéfiants
Le communiqué se conclut sur un avertissement concernant les quantités importantes de drogues et de substances psychotropes récemment saisies par les autorités compétentes, ainsi que la diversification des méthodes de trafic et l’élargissement du ciblage vers les jeunes. Pour l’association, ces éléments témoignent d’une offensive organisée visant la principale richesse du pays : le citoyen algérien, et en particulier sa jeunesse, décrite comme la force du présent et l’espoir de l’avenir.
















