Réouverture partielle des frontières

Réouverture partielle des frontières : Le flou total

Au lendemain des annonces du Conseil des ministres concernant la réouverture des frontières et la reprise «partielle» des vols à compter du 1er juin, le flou reste total à la compagnie nationale Air Algérie.

Le fait que tous les détails relatifs à la reprise des vols n’ont pas été rendus publics a, visiblement, suscité une certaine inquiétude autant du côté des Algériens en Algérie que de la communauté algérienne établie à l’étranger.

“Les personnes vaccinées sont-elles obligées d’être munies d’un test PCR de 36 heures avant l’embarquement ? Sont-elles soumises à d’autres tests à leur arrivée ? Sont-elles obligées de demander des autorisations”, s’interrogent les internautes perplexes.

A-t-elle été consultée avant cette prise de décision ? Rien n’est sûr. Une réouverture qui débutera par cinq vols quotidiens de et vers les aéroports d’Alger, Constantine et Oran. S’agit-il de cinq vols pour chaque aéroport ou cinq pour les trois villes ? Les suppositions et les commentaires fleurissent sur les réseaux sociaux. Autres interrogations : s’agit-il de vols spéciaux ou réguliers (commerciaux) ? Les compagnies aériennes étrangères sont-elles concernées ?

Ils se demandent, également, “à qui sera donnée la priorité surtout que certains disposent déjà d’un titre de transport”. Certains citoyens s’étonnent aussi de “ne pas voir figurer un aéroport du sud du pays”, tout comme ils s’indignent de “la cherté des billets”, notamment pour les ressortissants vivant en France.

“Nous avons été privés durant de longs mois de visiter nos proches. Certains n’ont même pas assisté à l’enterrement de leurs parents ou d’un membre de leur famille, et maintenant qu’il y a un espoir de se rendre au pays, on nous bloque avec les prix incroyables des billets dont certains peuvent atteindre les 800 euros”, déplorent-ils, craignant que “les passe-droits continuent à être de mise, compte tenu des places qui seront proposées au compte-goutte”.

D’autres vont encore plus loin et assurent que “cette décision obéit à des considérations électoralistes”. Le gouvernement, pour rappel, a opté pour “une réouverture progressive à raison de cinq vols quotidiens de et vers Alger, Constantine et Oran, à partir de juin”.

Le communiqué sanctionnant les travaux du Conseil des ministres a également détaillé les mécanismes pour organiser cette opération reprenant ce qui a été déjà donné par le ministre de la Santé, jeudi dernier, supposant des conditions draconiennes pour “se prémunir”.

Pour les agences de voyages, “C’est la montagne qui accouche d’une souris”

agenceGrand nombre d’entre elles ont carrément mis la clé sous le paillasson donnant lieu à des situations dramatiques pour ces professionnels des voyages et leurs familles. “C’est le labeur de toute une vie qui a été perdu sans que les autorités fassent preuve de clémence”, tonnent-ils.

“Ouvrir l’agence avec tout ce que cela suppose comme charges pour vendre deux ou trois billets par semaine ne relève pas du bon sens. Il est clair que cinq vols par jour, c’est dire que ce n’est rien du tout”, nous a indiqué, hier, le patron d’une agence de voyage.

La compagnie prête pour la reprise au moment venu

Air Algérie
La flotte d’Air Algérie | Source : Page Facebook de Air Algérie

Du côté d’Air Algérie, la compagnie aérienne nationale ne dispose pas non plus d’informations complétant le communiqué de la Présidence. “Nous sommes en attente de plus amples informations”, nous dit Amine Andaloussi, porte-parole de la compagnie. Quant aux dispositions sanitaires, “l’équipage est vacciné”, précise-t-il. Hier, un employé à l’aéroport d’Alger nous a révélé que l’EGSA a commencé à mettre en place des box pour effectuer les tests requis.

Un avion, quand il sort de chez le fabricant, il sort avec un manuel d’entretien très précis, c’est très normé, il y a des protocoles et des procédures très strictes. Un avion stationné n’est pas pour autant laissé de côté. Des inspections à intervalles précis sont prescrites selon les constructeurs et les modèles d’avion. L’objectif est que l’avion reste en état de vol.

La flotte d’Air Algérie est composée de 56 appareils modernes, d’âge moyen de 11 ans, répondant aux normes de sécurité internationales, exploités tant pour le transport des passagers que pour le cargo. Le programme de maintenance comprend généralement les visites de petit entretien ou périodiques. Il s’agit d’entretiens mineurs de contrôle des instruments de navigabilité et de fonctionnement du couple «moteur/hélice». Concernant les visites de grand entretien ou grandes visites, elles demandent de plus gros moyens, car le mécanicien contrôle en détail la cellule de l’avion et son moteur.

Cette ouverture partielle du ciel peut être interprétée comme une bouée de sauvetage pour la compagnie nationale dans un contexte très défavorable, marqué par une crise économique persistante et aggravée par les effets de la Covid-19. Et en dépit de la crise, elle a des charges incompressibles, à savoir la maintenance des avions, la location des sièges, les charges des fournisseurs et prestataires et les salaires.

Sources :
– Liberte
– El Watan