L’UNESCO officialise l’inscription du Caftan, du Quat et du Lhef comme patrimoine algérien
Une artisan brodant un caftan traditionnel algérien, symbole de savoir-faire ancestral.
Dans une décision attendue mais symboliquement lourde de sens, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a officialisé l’inscription du Caftan, du Quat et du Lhef au titre du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, consolidant ainsi l’identité culturelle de l’Algérie sur la scène internationale. Cette décision a été rendue publique lors de la 20ᵉ session de la Commission intergouvernementale pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui s’est tenue récemment à New Delhi.
Cette reconnaissance ne se limite pas à une simple inscription : elle signifie la confirmation officielle par une instance culturelle mondiale de l’existence, de la valeur et de l’authenticité de ces éléments dans la tradition algérienne. Dans un contexte où des débats et des controverses entourent parfois l’origine de patrimoines culturels partagés, cette décision constitue une victoire significative pour l’Algérie et ses artisans.
La Melehfa et la Gandoura : Une inscription élargie et détaillée
Jusqu’à présent, l’inscription initiale sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité portait sur la Melehfa et la Gandoura, deux vêtements traditionnels féminins du Grand Est algérien. La nouvelle décision va bien au-delà de ces éléments en intégrant explicitement le Caftan, le Quat et le Lhef au sein du même dossier, désormais intitulé :
Cette formulation exhaustive symbolise la diversité, la richesse et la complexité du patrimoine vestimentaire algérien, allant bien au-delà d’un article de vêtement isolé pour embrasser un ensemble de traditions, de gestes artisanaux, de rituels sociaux et d’usages culturels profondément enracinés dans l’histoire du pays.

Artisans, savoir-faire et rituels sociaux : au-delà du textile
Plus qu’une reconnaissance du vêtement lui-même, cette inscription valorise surtout les savoirs-faire qui l’entourent : les techniques de couture, la broderie, les ornements et les rituels liés à leur fabrication et à leur mise en valeur dans les grandes occasions comme les cérémonies et les fêtes.
Les artisans eux-mêmes — souvent issus de générations qui ont transmis ces compétences de mère en fille ou d’atelier en atelier — sont désormais reconnus dans le cadre d’un héritage culturel vivant. Cette reconnaissance internationale offre une visibilité accrue à ces métiers, parfois menacés par la modernité, et souligne l’importance de la transmission intergénérationnelle des compétences traditionnelles.
Extension de la reconnaissance dans d’autres dossiers UNESCO
Parallèlement à l’inscription élargie du costume féminin du Grand Est, le Comité intergouvernemental a approuvé une mise à jour d’un autre dossier, « Les rites et savoir-faire artisanaux associés à la tradition du costume nuptial de Tlemcen », déjà inscrit depuis 2012. Cette mise à jour ajoute explicitement le port du Caftan dans le descriptif officiel, garantissant ainsi que la tenue est reconnue et mentionnée comme élément central du patrimoine tlemcénien.
Cette double validation — à la fois pour le costume traditionnel de l’Est du pays et pour les traditions nuptiales de l’Ouest — renforce l’enracinement du Caftan dans l’ensemble des territoires et des identités culturelles algériennes, tout en protégeant formellement son rôle dans les pratiques sociales et cérémoniales.

Une victoire culturelle porteuse d’impact mondial
L’inscription de ces éléments vestimentaires à l’UNESCO ne se limite pas à une distinction honorifique : elle s’inscrit dans une dynamique de préservation, de valorisation et de protection juridique contre toute tentative d’appropriation ou de déformation de l’origine réelle de ces traditions.
Cette reconnaissance internationale renforce également l’image de l’Algérie comme un acteur culturel important sur la scène mondiale. Elle constitue un appel à la jeunesse et aux institutions à continuer de préserver ces traditions vivantes, à intégrer ces savoirs dans des formations spécialisées ou à encourager leur présence dans les programmes éducatifs et les manifestations culturelles.
Une célébration de l’identité et des traditions
Alors que le monde moderne tend à uniformiser les cultures, l’inscription du Caftan, du Quat et du Lhef au patrimoine immatériel de l’humanité rappelle à quel point les vêtements traditionnels sont bien plus que de simples textiles : ils représentent l’histoire, les valeurs, les relations sociales et l’expression collective d’un peuple.
Pour l’Algérie, c’est une célébration de son identité plurielle, de la créativité de ses artisans, et de la diversité des traditions qui vivent encore aujourd’hui à travers les régions et les générations. Cette reconnaissance mondiale est une victoire culturelle, mais aussi une invitation à continuer de protéger et de célébrer ce patrimoine unique.















