Les Arènes d’Oran

Les Arènes d’Oran, l’emblème du tourisme oranais

Oran la radieuse, deuxième ville portuaire d’Algérie a une histoire séculaire. Elle a toujours été convoitée par les conquérants étrangers vu sa situation stratégique dans la méditerranée. Elle a connu plusieurs invasions extérieures. La présence espagnole à Oran à elle seule a duré trois siècles durant lesquels les colonisateurs ont érigé de nombreux vestiges qui font actuellement d’Oran un centre historique par excellence.

Malgré l’arrivée des Français en Algérie au 19ème siècle, la communauté espagnole était toujours fortement présente à Oran. Cette présence se manifeste particulièrement dans l’influence culturelle hispanique caractérisée par le patrimoine culinaire oranais, la musique, la langue espagnole bien maîtrisée par certaines catégories comme les vieux et les pêcheurs et surtout des édifices emblématiques telles les arènes d’Oran.

Histoire et origine des arènes d’Oran

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Une carte rares sur de l’arènes d’Oran (1954)

Les arènes d’Oran, communément appelées la Corrida, est l’un des jalons historiques les plus importants de la ville d’Oran. Bâti par les français en 1890 à la demande de la communauté espagnole installée à Oran, cet édifice fabriqué de bois a été ravagé par des feux, puis il a été reconstruit en béton et inauguré vingt ans plus tard.

Les arènes d’Oran sont les seules en Algérie et l’une des deux uniques arènes d’Afrique aux côtés de celles de Tanger au Maroc. A la faveur de leur architecture exceptionnelle, les arènes d’Oran jouissent d’une acoustique de haute qualité, la raison pour laquelle on s’est servi de cet endroit pour des combats de boxe, de catch et même de tournois de football.

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Une carte rares sur de l’arènes d’Oran (1954)

Cette construction circulaire destinée à l’accueil des courses de taureaux pouvait accueillir quatre mille personnes à ses débuts pour atteindre dix mille après les travaux d’extension dont elle fut objet profitant de l’arrêt des corridas en 1936 suite au déclenchement de la guerre d’Espagne. Les arènes rouvrent leurs portes en 1954 pour reprendre les activités de tauromachie de plus belle jusqu’à leur cessation définitive en 1960 pendant la guerre d’Algérie.

La résurrection des Arènes d’Oran

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Les arènes d’Oran | Credit : Inal Ahmed Boukhalfa (twitter)

Après une longue marginalisation de ce lieu plein d’histoire qui a accueilli les plus grands matadors d’Espagne et d’ailleurs, des volontés se sont manifestées pour sa réouverture et son exploitation à des fins culturelles et touristiques. En 1987, la corrida a été le théâtre de certaines activités culturelles à l’occasion du festival Sidi El Houari mais malheureusement son état ne permettait pas l’organisation d’événements similaires ou autres. En 2009, des travaux de restauration ont été enclenchés pour qu’enfin les arènes d’Oran soient accessibles au public en 2018.

Au niveau des portiques qui soutiennent les gradins, des artistes peintres, des décorateurs et de nombreux artisans exposent leurs travaux ce qui donne un coup de vitalité à ce lieu plein de nostalgie. Des visiteurs curieux et assoiffés de découverte s’engouffrent dans les arènes afin de percer les secrets de l’histoire et voir de près à quoi ressemble ce lieu unique en Algérie. C’est le cas également des lecteurs qui ont lu le magnifique roman de Waciny Larej où il raconte une histoire d’amour entre une chanteuse gitane et un matador qui se sont rencontrés dans les arènes d’Oran.

Les arènes d’Oran, pour une ville plus radieuse

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Les arènes d’Oran peuvent constituer un lieu d’animation culturelle et touristique le plus gai du Nord-Ouest algérien. La place des taureaux, les gradins et l’excellente acoustique constituent un lieu favorable pour l’organisation de concerts artistiques ainsi que des conférences, des expositions et des manifestations culturelles pour une vulgarisation et une valorisation du patrimoine.

La valorisation de cette pépite de l’histoire d’Algérie est un devoir de mémoire. Ce vestige atteste de la richesse historique, culturelle et architecturale de l’Oranie. C’est un lieu qui apportera beaucoup au tourisme algérien et au développement économique et socioculturel du pays.